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LE PROLOGUE
En début juillet 2007, je suis payé pour pédaler ! Eh oui, dans le cadre de mon travail (Les Maisons Familiales Rurales), je participe à un Challenge :
Annecy - Brest en 7 jours.
Nous sommes une équipe de huit cyclos, deux dames et six hommes. A tour de rôle nous conduisons les deux véhicules de logistique (Casse-croûte, repas, assistance technique, correction du plan de route…). Compte tenu de cette organisation, je m’occupe de l’assistance une journée et demi et pédale le reste du temps soit cinq jours et demi. « Kilomètrement parlant », je pédale pendant 882 km sur les 1100 km totaux.
Le départ est fort sympathique. Les supporters chaleureux sont nombreux. Nous partons très vite au milieu
d’une circulation automobile stressante. Je découvre les Gorges du Fier et une campagne haute-savoyarde que je connais mal. Quelques côtes nous ralentissent mais rien de bien méchant. Arrivés
dans la Dombe, les grandes lignes droites combinées à de longs faux-plats montants m’incitent à accélérer. J’ai horreur des lignes droites !
Nous mangeons à Chalamont. Le garde Champêtre, sportif bavard, discute avec Jérôme repérable à sa tenue Cofidis. Sieste, café et c’est reparti pour Bagey le Châtel où nous sommes royalement accueilli par les gens de la MFR locale qui nous offrent le gîte et le couvert.
PS : Camille, au volant du fourgon, vient de me doubler. Ce véhicule émet des bruits bizarres…
Vendredi 29
Juin 2007 : Bagey le Châtel (01) – Saint Léopardin d’Augy : 180 km
Quelle étape ! Nous traversons dès le matin les monts du Maconnais ! Peu de répit. Les
montées dignes des Alpes (certes moins longues mais casse-pattes) s’enchaînent. Les paysages du Charolais sont magnifiques. En voiture, nous ne découvrons jamais ces petits coins de France, seul
le vélo nous offre ces belles images.
A midi, (à Molinet), je range mon vélo dans le fourgon. C’est à mon tour de conduire. Je
remarque vite que les bruits bizarres proviennent de la boite à vitesse. La panne n’est pas loin. Nous approchons de Moulin. Je guide le groupe par téléphone pour la traversée de la capitale de
l’Allier. Au volant du fourgon, Saint Léopardin d’Augy me semble au bout du monde. Je suis inquiet pour mes compagnons ; cette étape est longue et difficile ! Ils arriveront en pleine
forme !
Enfin, le merveilleux accueil de la MFR de Saint Léopardin d’Augy permet d'oublier les difficultés du jour : une étape sportive et un fourgon en
panne !
Samedi 30 juin 2007 : Saint Léopardin
d’Augy (03) – Liniez (36) - 135 km
Nous roulons par une belle journée bien chaude. C’est plat dans l’ensemble. Les paysages changent évidemment mais c’est, quand même, beau (j’aime pas les plaines). Nous sommes surpris de découvrir de nombreuses fermes abandonnées. De magnifiques corps de ferme s’écroulent… Pincement au cœur car mon père est originaire de cette campagne qui se perd ! Le casse-croûte a lieu sur la place de Thaumier si je ne fais pas erreur.
Liniez est un village très calme. L’auberge, au centre du village, fait
face à l’église et à la salle des fêtes. La nuit, donc bruyante, nous permet alors un repos superficiel (pour ceux dont la fenêtre donne sur la place).
Dimanche 1 juillet 2007 : Liniez (36) –
Doué la Fontaine (49) – 163 km
La pluie arrive rapidement. Dans une petit montée, j’ai un coup de « moins bien » qui dure. J’essaie de le cacher mais l’inquiétude commence à m’envahir. Je me raccroche à l’idée que, cet après-midi, je suis dans la voiture. La forme revient alors que le jour s’obscurcit. C’est impressionnant, oppressant et excitant à la fois. Les éclairs zèbrent ce ciel aux sombres couleurs et j’imagine ce qui nous attend au bout de la ligne droite. La pluie devient orageuse. Nous sommes vite détrempés. Le casse-croûte s’effectue dans un bar de Loche. Sous nos sièges, des flaques ! Et il faut repartir… Courage.
Le repas est organisé sous le hangar d’une fermette locale. Le couple de paysans nous accueille comme savent le faire les paysans. Jacques acquiert un cubitainer de Chinon et c’est reparti mais assis au volant de l’automobile. Nous approchons de Saumur. Je corrige le tracé préétabli. Avec Camille, nous nous perdons pendant un bon moment et retrouvons la bonne route peu de temps avant l’arrivée du peloton. Nous passons devant le deuxième régiment de Dragons de Saumur en « pleine portes-ouvertes ». Bonjour la circulation !
Enfin Doué la Fontaine. L’accueil est encore une fois à la hauteur !
Merci.
PS : Jacques a chu... Pas trop grave... Des rayures ! Mais quand même, Bravo !
Lundi 2 juillet 2007 : Doué la Fontaine (49) – Messac
(35) – 180 km
Le peloton franchit les coteaux du Layon selon l’alternance « rinçage-séchage ». Plus nous approchons de la Loire, plus le vent est présent. Nous casse-croûtons à Montjean sur Loire avant de traverser la Loire pour remonter tout droit sur Messac. Le vent, violent et face à nous, ralentit le peloton. A midi, Jérôme et Hervé nous surprennent : le repas se déroule au chaud dans une Maison Familiale (dont j’ai zappé le nom).
Nous repartons dans le vent. Heureusement, le relief n’est pas trop méchant. Le paysage confirme, encore et toujours, une France bien agricole. Il est vrai que nous sommes déjà en Bretagne. Cette étape est bien longue ! Enfin, la Maison Familiale de Messac… un beau château et un accueil de Châtelains ! Merci.
Mardi 2 juillet 2007 : Messac – Arzano – 139
km
Je me lève mais difficilement. Tous mes muscles ont du mal à se mettre en mouvement.
Pourtant, tous les soirs, je respecte le rituel des étirements. J’ai hâte de monter sur le vélo mais je ne peux pas. Je suis d’assistance avec Jean-Baptiste. La pluie est au rendez-vous. Dommage
pour les cyclos. Nous nous arrêtons dans le bourg de La Gacilly pour ne pas trop prendre d’avance sur les vélos. Une exposition originale attire mon regard. Je fais quelques clichés avant de
rejoindre Malestroit où nous préparons un casse-croûte dans un bar sympathique.



Ce sera d’ailleurs la journée des bars puisqu’à midi nous déjeunons aussi dans l’arrière salle d’un café de Locminé. Je joue aussi à la voiture d’assistance. Eliane a crevé et Jérôme lui a laissé
sa roue avant. Je retourne le chercher, on répare. Il repart à la poursuite du peloton.
L’après-midi se passe sur le vélo. Je constate que la Bretagne n’est pas aussi plate que l'on peut l'imaginer. C’est une succession de montées plus ou moins longues rendues plus difficiles par une ventilation constante. Arzano est en haut d’une belle cote. L’accueil y sera peu agréable, on dérange (ce n’est pas une mfr). Nous allons goûter aux pizza de Quimperlet.
Mercredi 3 juillet 2007 : Arzano – Le Conquet : 140 km
Déjà la dernière étape ! Il pleut. Une vraie pluie bretonne. J’ai la bonne idée de mettre ma capuche sous le casque. J’étouffe. Je décide d’enlever tout ça. Sans mettre pied à terre, je quitte le casque et la capuche glisse jusqu’au menton. Zizags, Zagigs et je m’arrête devant le fossé. Ouf ! La suite se passe dans l’humidité et le vent. J’ai une fringale et je n’ai rien à manger… Je m’approvisionne auprès d’Eliane et de Jean-Baptiste. La pluie cesse mais pas le vent. Brest n’est pas loin… Les panneaux indicateurs montrent la direction. La ville apparaît au loin. Le pont réservé aux vélos, la piste cyclable et nous voilà dans le centre. C’est l’horreur cette ville et les Brestois apprécient peu les cyclos. Après une recherche mouvementée, nous posons enfin pied devant le lieu du 70ème anniversaire des MFR ! Séances émotions et photos. Et c’est reparti pour les 20 km qui nous séparent de « Le Conquet ». Ces derniers coups de pédales me semblent facile… je vole !
