La Lyon - Mont Blanc - 2008 -


Je ne pensais vraiment pas participer à la 62ème Lyon Mont-Blanc Lyon. La rencontre avec les cyclos du Club Les Avenières-Morestel m’a permis de me lancer dans un cyclisme plus endurant et à ce jour, je ne le regrette pas. Bien au contraire, cette expérience augmente ma motivation pour aller encore plus loin.

La Lyon Mont-Blanc Lyon représente au total 483 km, 6285 mètres de dénivelé et presque 22 heures de selle. Je réalise le parcours aller à 22,1 km/h et le retour à 22,9 km/h. Voilà pour les chiffres, je n'y reviendrais pas. Je préfère conter cette belle expérience partagée avec 200 collègues cyclos et les nombreux supporters et surtout les nombreuses supportrices (les cyclos sont en majorité des hommes et les supportrices, leur épouse dévouée !).


La semaine précédente :

Je ne roule pas, le mauvais temps et le travail m’en empêchant. Je décide donc me reposer en me couchant tôt. C’est plutôt raté. Je me lève tôt et me couche tard toute la semaine surtout la nuit du jeudi au vendredi ; un problème professionnel me donnant quelques sueurs froides. Je rentre donc le vendredi soir complètement out à la maison et je n’arrive pas à m’endormir ! Pourtant, je suis étrangement calme, envisageant sereinement le week-end sportif qui s’annonce sous la pluie ! En effet, devant les trombes d’eau journalières, je me suis conditionné pour une Lyon Mont-Blanc Lyon très humide.

Le téléphone réveil portable sonne sa désagréable musique. Je me lève immédiatement sans me poser aucune question. Tout est prêt, il suffit de manger, de se laver, de tout mettre dans l’automobile et partir. Il est donc 4 heures du matin, la maison s’éveille (le chat affamé et moi, endormi). Je prends tout mon temps (sauf pour nourrir le chat capricieux, c’est une chatte d’ailleurs) pour manger, passer à la salle de bain et là où je dois aller. Je ne pense à rien sauf au rituel au timing précis. J’ouvre la porte du garage pour charger l’auto et je reste stupéfait : il tombe des cordes, des hallebardes, des trombes d’eau ! Ben merde alors, quel temps  ! dis-je à ma Chère et Tendre qui m’accompagne au départ.


Samedi 07 Juin 2008


♦ Saint-Priest - Praz sur Arly


Ce profil fait peur. Non ? Bisanne, c'est un morceau !

Prêt au départ, j'attends mes collègues qui tardent. Quelle tête d'endormi bouffi !

06h29, concentré sous le pluie, c'est parti pour 240 km et 3960 mètres de dénivelé !

1 - Nous sommes à Corbelin au premier ravitaillement. Nous sommes venus sous la pluie depuis Saint-Priest, trop lentement à mon goût. Heureusement, j'ai retrouvé Gilbert, le grimpeur. A Corbelin, je comprends pourquoi il est préférable d'être cyclosportif et non cyclotouriste, les premiers ont tout mangé !

2 -
Dans la plaine, nous manœuvrons en peloton. Les rouleurs de plat nous entraînent. Cela me convient bien, je gère ainsi mon effort. L’un de mes coéquipiers CTAMiste commence son cinéma habituel. Et je me colle contre toi, et je te regarde en coin, et je guette ton cardio, et je te presse. Comme je ne rentre pas dans son jeu, il part devant à fonds les manivelles vers la premier petite difficulté : Billième et le col du chat...
J’ai un petit creux. Je me m’énerve à attraper une barre, à ouvrir l’emballage indéchirable, à ranger l’emballage et enfin à grignoter . Evidemment, j’avale de travers et passe un moment à tousser. Puis, j’ai trop chaud. Je m’arrête enlever l’imperméable. Le peloton file devant, je me retrouve seul. Pas un soucis, je monte à ma cadence. Je rattrape vite le cyclo provocateur, arrêté et avachi sur son guidon. Il ne me voit pas passer. Je passe rapidement le col du Chat tout mouillé et rejoins Gilbert dans la descente. Je suis content
.

Manoeuvres en peloton dans la plaine avec le CT des Avenières
Gilbert, un sacré cyclo emmene le peloton sous la pluie

3 et 4 - A Méry, le casse-croûte, plus copieux, est le bienvenu avant d’attaquer les premiers dénivelés sérieux. Accroché (de loin) à Gilbert, je me met dans le rouge sans le ressentir en montant honorablement le col Saint Saturnin qui reste facile à coté des prochains cols.

5 et 6
- Dans la longue ascension du col de la Marocaz, nous sommes arrêtes presque 20 minutes par la Classique des Alpes Juniors. Les petits jeunes foncent en peloton compact encadré par un grand nombre de motards et de voitures d’assistance, un mini tour de France ! Nous continuons notre route dans un brouillard puis sous une petite pluie fine. Marocaz, enfin. Pas trop fatigués, nous basculons dans la vallée qui nous conduit à Albertville. Re-arrêt pour laisser passer la Classique des Alpes. On perd un temps fou à attendre l’autorisation de repartir sur une route plus plane que cabossée. Encore une fois, les rouleurs de plat nous entraînent vivement sous une bonne pluie. C’est bien, trop peut-être. J’ai peur de laisser des forces dans cette vallée pas très belle.


7
-
Après Albertville, la pente s’intensifie. Malgré mes efforts, je perds mon coéquipier Gilbert. Je m’oblige à garder un bon rythme. L’assistance automobile giroéquipée (ça fait sérieux, hein !) d’un club lyonnais m’encourage : aller, aller, le ravitaillement n’est pas loin… aller, plus que 10 km de montée, eh eh ! Je ne sais pas pourquoi mais je n’ai pas apprécié ! Mais, je suis trop susceptible. Je le flingue du regard.
Enfin, Queige. J’apprécie ce dernier ravitaillement. L’arrivée est proche. Je demande le nombre de kilomètres restants. Réponse d'un spécialiste sur un ton professoral très sûr de lui : les bornes, on s’en moque. C’est le dénivelé qui compte. Ah, Ah ! certains s’inquiètent pour le dénivelé du Bisanne. Je sais que ça monte dur, je me suis mentalement préparé à l'effort. Les gens du CTAM ne l’ont dit : Bisanne, c’est l’horreur. Mais ça veut dire quoi l’horreur ? C'est une impression toute personnelle. A Villars sur Doron, je lève la tête vers Bisanne. Impossible de savoir ce qui m’attend. Ce n’est que brouillard !

8 - Nous nous préparons à escalader Bizanne. L’imperméable est rangé, une barre déglutie. Gilbert est devant, il grimpe à son allure. Je monte à distance, concentré sur mon pédalage. J’ai gardé un pignon en réserve. J’alterne entre la position assise et debout sur les pédales. Je grimpe, pas aussi légèrement que je le souhaitais, mais je grimpe. Je dépasse des cyclos dont un qui semble bien fatigué. Une fusée, certes lente, me dépasse poursuivi par le cyclo fatigué ! Ils me laissent sur place. Je reste stupéfait de ces renouveaux ; je suis même amer... Que se passe t-il ? Il me semble gagner du terrain sur Gilbert. Oh oh ! 20, 15, 10, 5, 4, 3, 2, 1 mètres et je suis devant lui. Gilbert n’arrive pas à prendre ma roue. Je continue mon ascension...

Je suis incapable de dire si je souffre ou pas. Je grimpe et c’est dur. Plus dur que le Ventoux, c’est certain. Mais pourquoi ? Ah oui, j’ai déjà plus de 200 km dans les jambes. C’est loin Bizanne ? Putain, je fais quoi la à ne pas avancer ! Tu es nul dans les fortes montées. Les idées noires m’assaillent. L’environnement n’aide pas les choses, je n’y vois rien et ce brouillard est si oppressant. Un carillon de cloches m’éveille. Dans le champs pentu, à ma droite, des vaches Tarine broutent. J'aime les vaches. Je les distingue à peine mais elles sont nombreuses. Plus loin, le ronronnement d’une machine à traire me recolle à la réalité. Pour dissoudre la difficulté, je décide de penser à autre chose. Associations d’idées :
- les vaches, c’est le boulot. Ah non, pas le boulot !
- Ma douce et tendre et notre fille, certes mais elles ne sont pas la !
- Les autocars (j’aime ça les autocars presque plus que les vaches), ah non, les cars ont un moteur et j’ai pas de moteur...
A quoi penser d'autre pour oublier l’effort. J'ai une idée ! pensons au sexe. Mais oui, essayons ! J’essaie. Bof, ce n’est pas ça… Mais que c’est dur ! La pente, bien sûr ! Qu’allez-vous penser, lecteurs coquins ! Devant la difficulté, je passe sur le dernier pignon pour relancer...

Enfin, un panneau qui annonce Bizanne. Est-ce la fin ? Eh bien non, ça continue ! Un cyclo soufflant cherche à me passer. Quelle drôle d'idée ? Il s’explose et pose pied à terre. Je continue appliqué. Pas question de m’arrêter. Je poursuis mon escalade dans ce brouillard qui me donne à croire que le sommet est toujours la. C'est frustrant. Je dois souffrir d'halucinations. D'ailleurs, j'entrevois une autre voiture giroéquipée et un petit tas de cyclos discutant avec leur directeur touristico-sportif... Encore un mirage. Mais c'est le SOMMET, je suis à Bisanne, déjà, enfin BISANNE ! Stop, imperméable et je fonce sur Les Saisies sans attendre mon coéquiper. J'ai trop froid. Il fait 6 degrés !

9 - Aux Saisies les GO (gentils organisateurs)  proposent un tea break. Je déguste donc un thé sucré délicieux ! Je repars pour ne pas me refroidir. Je file dans la pente pleine de brouillard. A cette vitesse, je vais rater un virage et m'exploser dans un trou ! Pas un cyclo avec moi. Si, en voila un qui me dépasse sans un mot avec un regard en coin. Sérieux le mec. Merde, son pneu avant est à plat. Il s'arrête. J'en fais autant pour l'aider à réparer. Il est si aimable que j'ai très envie de repartir. La réparation faite, il me remercie mais c'est très dur. Il a vraiment fait un gros effort !

10 - Nous grimpons vers Praz sur Arly. La crevaison a permis à de nombreux cyclos de me rattrapper. L'aimable cyclo retrouve ses copains, sa voiture d'assistance et son directeur touristicosportif. Incroyable mais dans la dernière ascension, ils me serrent contre le fossé m'obligeant à ralentir. Ils m'empêchent de m'échapper alors que je peux aller plus vite. Ils me regardent du coin de l'oeil. L'esprit cycloarrogant revient. L'arrivée si proche motive. Un fenêtre s'entrouve. Je me dresse sur mes pédales et m'en vais. Personne ne suit. La pente s'inverse, je m'attends à leur retour. Personne ! A gauche de VVF, la voiture d'assistance giroéquipée me double alors que je suis sur l'axe médiant bras tendu et se plante au milieu de la route pour privilégier ses cyclos bien à elle. J'effectue une manoeuvre savante pour rentrer quand même dans le parking du VVF avant le team assisté.

Enfin la douche après un copieux casse-croûte proposé par des agriculteurs locaux que je connais. Ils me me reconnaissent pas immédiatement : d'habitude vous êtes en cravate ! me disent-ils.

  Le fichier du cardio. Presque 11 heures de selle et je me suis mis dans le rouge sans m'en apercevoir par deux fois ! Dans Bisanne, la FC reste plus stable et moins haute...



Dimanche 08 Juin 2008

♦ Praz sur Arly - Saint-Priest

PROFIL RETOUR : PRAZ SUR ARLY - LYON
Le col du Frêne : Oh la la ! Le col du Sapenay : Oh, oh...

Le deuxième fichier : une FC moyenne si basse ! Incroyable !


La nuit passée au VVF de Praz sur Arly ne me reposera pas beaucoup. Je suis trop moulu pour bien dormir. Le départ est prévu à 06h30. Le temps de regrouper tous les cyclos du club, nous partons en retard.

Hola ! Sérieux le Mec ! Bien sûr, c'est reparti pour le chemin inverse

Pause à Ugine, nous attendons les collègues. Gilbert nettoie ses roues

Après une descente rapide vers les gorges de l'Arly, nous remontons sur
Héry. La pente avec plus de 8% accentue la fatigue des muscles pas encore chauds. Heureusement, l'effort est de courte durée et nous nous reposons dans la vallée jusqu'au Col du Frêne.
Je vis mal la montée de ce col. Je le trouve difficile et si long. Gilbert m'a largué, histoire de rattrapper son coup de moins bien dans Bizanne. Alors, je doute de mes capacités cyclistes dans les forts dénivelés. Le moral proche du zéro me conduit à remettre en cause mon souhait de me lancer dans un cyclisme "longues distances". L'idée de monter plus souplement, plus rapidement me taraude. Comment faire, que faire pour grimper plus vite ?
Heureusement, le col est proche et je me lance dans la pente aux cotés de Gilbert. Cette descente sur le Chatelard me réjouit. Les Bauges sont vraiment magnifiques à parcourir en vélo. Nous arrivons donc assez rapidement sur Léscheraine puis Cusy. Je connais cette route pour l'avoir parcouru plusieurs fois au volant d'un autocar. A Cusy, après avoir été frolé volontairement par un automobiliste fou, je tourne en direction de St ours et Albens. Gilbert me demande de lever le pied. Le gros con d'automobiliste m'a mis en colère !
J'apprécie encore les paysages qui nous conduisent au col du Sapenay. Un col interminable avec des pourcentages de pente incroyables. Encore une fois, gilbert le grimpeur m'a laissé derrière. Je monte tranquillement à mon rythme et c'est bien l'essentiel. Toujours trop lent à mon goût, mais jamais à la "ramasse".
La descente sur Chindrieux est sûrement magnifique mais le brouillard m'empêche de la savourer à sa juste valeur. Le retour sur Saint Priest est particulièrement monotone. Les bosses ridicules, à comparer de ce que nous avons escaladé, font tout même mal aux pattes. La platitude se renforce à partir de Morestel où Myriam m'attend avec des amis. J'ai hâte d'arriver à Saint Priest et d'en finir. Je suis heureux parce que je sais que j'ai réussi mon challenge !

Après Morestel, Gilbert en tête. Derrière moi, un couple de randonneurs ; 40000 km/an à tous les deux
Entrée de Saint-Chef en Dauphiné, c'est plat...

La pluie nous surprend à une quarantaine de kilomètres de l'arrivée. J'accélère encore... Gilbert suit le mouvement. Il a horreur de l'eau et des chutes possibles !
Enfin, Saint-Priest... L'accueil est chaleureux. La photographe officielle me canarde ! Je devrai recevoir un CD avec toutes les photos. Je suis pressé d'y découvrir ma tronche ! Au moins, je pourrai illustrer cette page, mais seulement si je me trouve beau !

13/10/2008 : Le CD est arrivé. Les photos illustrent ce propos...

Enfin Saint-Priest, le challenge est réussi. Je le savoure
La casquette mal centrée ! Je finalise ma première Lyon-Mont Blanc.
Dernier coup de tampon !


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