Anectodes et Short Stories

Dimanche 4 octobre 2009
Allez savoir pourquoi mais quand je m'en vais pédaler en ce samedi après midi ensoleillé, je suis GRRRRR ! La FC du départ démontre bien le mécontentement qui m'envahit. Je suis le circuit habituel d'échauffement mais je tourne en direction de Couvaloup où y a pas de.... ? (à vous de dire. Vous devez le savoir si vous êtes un fidèle lecteur). Je m'étonne de traverser aussi rapidement ce hameau en pente. Avant, je peinais.
Je descends sur la gauche, passant en dessous de l'intrigante Maison Blanche, une grande bâtisse construite entre le 16ème et 17ème qui semblerait appartenir à une congrégation religieuse ou autre. J'arrive au camping des Trois Lacs (ex-carrières) dans lesquels quelques campeurs néerlandais viennent l'été. Je longe ensuite les ex-marais qui portent, chaque année, depuis une bonne trentaine d'années, des maïs.  Il se dit d'ailleurs qu'à cet endroit coulait le Rhône mais c'était il y a très longtemps.

Que des cailloux !

Me voila à Trept où les maisons de pierre dominent celles en pisée, matériau de construction, autrefois, très répandu dans le Nord Isère. Trept est un petit bourg où la paysannerie a été importante malgré une terre arable peu profonde et une présence importante de pierres et de rochers. D'ailleurs, la légende veut que Trept signifie "beaucoup de pierres, peu de terre". Cette contrée, posée sur un bloc rocheux, toute proche d'un marais peu agréable, pour la santé des hommes, était reconnue comme la plus pauvre du Dauphiné.
Je passe devant la nouvelle usine de recyclage d'automobiles (qui finissent compressées) et file en direction des vieux fours à chaux de Saint Hilaire de Brens qui ont fonctionné de 1852 à 1930. A cet endroit, la route grimpe fortement entre les ruines de cette veille usine créée par Fortuné Giraud. Ouf, me voila en haut, plutôt essoufflé puisque je suis monté en force.


Photos de http://villes-villages.chez-alice.fr


M
oras, ça grimpe et j'ai pas envie de parler de Crémieu, na !

Descente sur Vénérieu et remontage sur Moras, nom pré-celtique provenant de mor qui signifie butte et de ate (?). Ce village avec un bel étang est bien agréable surtout qu'il est placé en haut d'une belle montée  (je parle du village) plus ou moins exigeante selon sa forme, son entraînement et ses capacités cyclistes. Une fois, ce haut lieu de chasse traversé (y  a toujours des chasseurs sachant chasser sans leurs chiens), je bascule sur Crémieu vite traversé. Donc, je n'en parlerai pas aujourd'hui ! Pas envie.

Photo de
http://www.cc-isle-cremieu.fr



L'attaque vicieuse d'un vicieux T-Rex !

J'entame la longue montée sur Annoisin-Chatelans, village tout proche du fameux site de Larina, ancien lotissement romain et mérovingien dans lequel vivaient peinards des gens de l'époque. Aujourd'hui, on y rencontre surtout des marcheurs et des vélos des champs en dilettante et des tractosaures qui travaillent d'arrache-roues. Je suis sur le plateau géographique de chatelans tout en étant sur le petit plateau et j'avance moulinant, tranquille et pensif. Je réfléchis à ce que je pourrai bien vous conter à mon retour. Je sursaute au passage d'un cycliste qui me frole
littéralement (je prends 10 puls et je fais un bel écart, frolant le fossé). Le méchant tyranosaure-rex est revetu de la livrée d'un club cyclosportif local bien connu pour leur affûtage (pas celui-la, l'autre). Le vélociraptor gentil, que je peux être, n'apprécie pas. J'enclenche la surpuissante et rattrape l'animal très affûte et très fier, l'oeil aux aguets :

"Le but était bien de me faire peur ?
- Quoa ? dit-il l'oeil au coin
- vous vouliez me faire peur, c'est bien cela, ?
- ... ! Il baisse la tête.
- Eh bien, si c'était votre objectif, bravo ! J'ai eu très peur, ça vous va ?"


J'attends la réponse, je suis remonté... Et merde, pas de réponse du T-Rex emmerdé. Je me replace derrière et le laisse filer méditant sur les motivations de cette attitude. Quatre propositions parmi tant d'autres :

- Est-ce ma tenue du jour qui ne fait pas "sérieux" ? En effet, j'avais mon maillot décathlon jaune et noir plutôt ample car trop grand. De plus, sur le dos est cousu un tissu imprimé sur lequel on voit des vaches en parachute descendant vers leur alpage ! Une phrase indique : une autre nouvelle façon de faire de la transhumance. Ce maillot est un cadeau qui date du Challenge Annecy-Brest. A défaut d'être original, il me donne l'image d'un original puisqu'il soulève des questions d'autres cyclistes : c'est quoi ce maillot, ça veut rien dire, à quoi ça sert ?



- Une autre chose interroge les cyclistes qui me suivent ou me croisent. Ce sont les deux bandes jaune-fluo collées sur les haubans et les leviers de frein. Pourquoi t'as ces trucs ? - à quoi ça sert ? - Tu roules la nuit, Ah, ah ! - C'est beau - C'est pas beau - C'est peint ? - C'est en quoi ? - Bizarre sur un vélo de course - C'est original, hein...

- Ce T-rex est un pov type ! Il ne maîtrise pas son vélo !

- Je ne comprendrai jamais rien au cyclisme.

Fanfaron !

Le T-Rex a disparu. C'est pas trop tôt. Son sillage était si peu agréable. Il a tenté d'écrapoutir des randonneurs randonnant au milieu de la route. J'ai préféré les saluer pour redorer le blason des cyclistes. Tourne à gauche en direction de la fameuse montée de Torjonas, nom qui fait.... ? (à vous de dire. Vous devez le savoir si vous êtes un fidèle lecteur).
Eh merde, voici encore un club d'affolés de la pédale. Je les rattrape. Ils montent Torjonas. Pffff, on ne peut plus être tranquille. Les dérailleurs cliquettent, les chaînes tombent sur le petit plateau et montent de quelques dents. Les visages se ferment. Les yeux ne sont plus qu'une fente. Les joyeux copains qu'ils pouvaient être se métamorphosent en ennemis potentiels. Ils vont s'entretuer pour arriver en haut le plus vite possible. Comme à Koh-Lanta, on s'élimine entre équipes, puis dans l'équipe. Le but : rester le seul, donc le meilleur. Et quand on se retrouve tout seul sur une île déserte, eh bien on crève, à son tour, d'ennui ! Sauf, si on trouve un Vendredi ! Mais comme c'est Samedi, on pédale soit seul (parait que ça tape sur le système solaire) soit en groupe dans une forte montée dure mais courte !

Pan, c'est parti. L'accélération est forte. Je ne peux pas suivre. Je suis pas bon en accélération cyclosportive et en plus, la purée-jambon de ce midi me pèse sur l'estomac depuis un bon moment. Le groupe se disloque en trois. Les bons, les moyens et les mauvais. J'opte pour ma stratégie bien à moi : donner ce que l'on a mais pas trop car il en faudra encore. Je mange deux mauvais tout en les saluant, c'est encore plus tuant, mais bon, je tiens à être poli. Les moyens sont pas très loin mais ce sont de bons moyens. La FC monte dangereusement. J'accepte le risque compte tenu de ce qui reste à grimper. Un faux-plat me permettra une petite baisse de puls mais après faut remettre la sauce. Je mange le moins bon des moyens sans saluer car l'effort est dense. Les deux autres moins bons me donnent du fil à retordre. Ils passent une petite bosse et coupent leur effort. J'accélère et les dépasse car les bons ne sont pas loin. Ils ont levé le pied. J'appuie tout en passant sur le 50 crocs pour finir dignement mon effort. Croisement, je file à toute vitesse vers Saint Baudille de la Tour dont je ne parlerai pas, non plus, parce que je suis fatigué !

Collision !

Y en a marre de pédaler. Je rentre vers la tanière du MM'S Fun Team Cyclo. J'avance vite, dans les 30 km/h et soudainement c'est la collision ! Putain, que ça fait mal !  J'ai percuté une guêpe qui, pas contente, m'a bien piqué sous l'oeil droit. J'enfle immédiatement, l'oeil pleure et se ferme. Je rentre borgne à la maison... Heureusement, y a du vinaigre et une pommade à la cortisone !

A 21h30, je suis au lit ! KO !

Et demain soir, ici sur ce blog délirant, la suite...

Michel et Pégase au Pays Enchanté de Saint Savin

PS : J'oublai...

Km : 75
Dénivelé : 795 mètres
Temps passé à s'échiner à pédaler :2h41
Pour la moyenne : ça vous fera un exercice !

PS2 : Je ne suis pas bon, ni moyen, ni mauvais... Je fais du vélo, c'est tout !
Par Michel
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Lundi 14 septembre 2009
Arghhh... Fous z'allez être zurbris. Ich bin Pégase, le félo du MM'S Vun Beam Zyclo ! Und, zé moi qui écrit l'article ! Arghhh, exkusez l'azzent. Ya, ich bin ein deutchsen radsport ! Ya ya, eine félo allemand ! (la suite sera plus facile à lire, mon cyclo a corrigé les fautes).

En effet, Ce sont toujours les cyclistes bloggeurs qui écrivent. Les vélos ne peuvent jamais s'exprimer. C'est totalement injuste. Alors, après avoir manifesté mon mécontentement, mon cycliste m'a cédé le clavier ! D'ailleurs, il était temps, car je le trouve moins inspiré en ces temps fous que nous vivons !



Dimanche - 09h30 -


Je frétille de joie. Mon cycliste vient de placer ces deux petits réservoirs dans les porte-réservoir et le compteur sur mon cintre. Il a même mis mes pneus à la bonne pression. J'en suis tout gonflé car cela signifie que nous allons sortir mais pour combien de temps ? J'ai très envie d'un bon tour. Y en a marre des HouseTours.

Dimanche - 09h45 -

Ah, le
revoila ! Mais que vois-je ? Yahooooo, Pffffffff, ah, ah, ah, je ris. C'est qu'il s'est rasé les papattes mon cyclo ! Ben, ça alors, tout lisse. On part pas en course que je sache ! Il n'a pas prévu de faire la cyclo locale. Faut dire qu'on ne savait même pas qu'il y avait la Rhônealpine ce dimanche ! Mais, on n'y aurait pas mis les roues parce qu'il n'aime pas trop ça les cyclos. Et puis en ce moment, ce n'est pas son objectif, les cyclos !

Et la tenue ! Faut voir ça, la classe ! Il est jaune et noir aujourd'hui, un vrai frelon ! Maillot jaune avec liseré noir, cuissard noir, surchaussures noires laissant apparaître le liseré jaune des chaussettes. Si le casque était noir et jaune, on aurait pu croire un cycliste bien connu. Merde, je ne sais plus son nom... C'est comment déjà... Ah oui, Neil Armstrong, je crois. Il était cosmonaute aussi. Le premier à marcher sur la lune. Mais parait que c'était un simulateur, l'est jamais allé sur la lune disent certains détracteurs ! On y comprend plus rien dans cette époque de fous qui vaut le coup d'être vécue !

Maintenant, il est tout ok. Le casque Alien (la bave en moins, pour l'instant) bleu et blanc vissé sur le crâne et les lunettes devant les yeux. Enfin, on part. J'aimerai hennir de joie mais c'est pas possible. Eh oui, je ne suis qu'un vélo même si je m'appelle Pégase !

Le même jour - de 10h00 à 14h30 -

Le voila sur mon dos bien positionné. Faut dire qu'il a longuement réfléchi à optimiser sa position. Ma selle légèrement avancée et un peu plus haute offre un pédalage plus efficace. Plus souple, mon c
yclo a abaissé mon cintre de presque un centimètre. Apparemment, il semble bien content des sensations mais il continue à vérifier si cette position convient. Faut pas qu'il s'abîme mon cyclo, déjà qu'il est un peu vieux et rafistolé !

Hum, Hum, il me semble un peu fatigué de la sortie d'hier (68 km). Mais je devine que sous son casque, son cerveau imagine un circuit d'au moins quatre heures avec du dénivelé. Faut dire qu'en ce moment, il s'est mis dans la tête de travailler la vitesse ascensionnelle en choisissant le braquet qui permet de tourner les jambes à une cadence et une force adaptées. Parce dans le milieu, il se raconte que la puissance est le produit de la force par la vélocité. Trop fort ! En fait, on n'a rien compris tous les deux. On ne sait qu'une chose : plus tu pédales moins vite, moins t'avances plus vite. Donc, il pédale mon cyclo. Il pédale !

Ya, on
prend la direction Couvaloup où y a pas de loup. Il s'est donc décidé de grimper Moras, puis Annoisin et Torjonas. On grimpe bien semble t'il. C'est bien plus rapide qu'autrefois. C'est bien mon cyclo, continue de la sorte mais pète pas une durite, ça ferait désordre. Mais qu'a-t-il mangé ce matin ? du lion ! Nous voila déjà à Crémieu et ben, c'est quoi ce bazar ? La route est barrée par la maréchaussée et y a tout plein de manants et des paysans qui tirent des chevaux. Eh, gens d'armes, que se passe-t-il en cette bonne ville de Crémieu ? - Ce sont les Médiévales, Chevalier. Savez-vous qu'il est interdit de pénétrer dans l'enceinte de la ville monté sur son vaillant destrier à pédales ? - Ben, non, je savais pas que nous étions remontés au Moyen-Age. Je vais essayer de retrouver mon époque !

Le cerveau de mon cyclovalier recalcule une nouvelle route et nous voila à nouveau dans la campagne, l'oeil aux aguets puisque les gens d'armes nous ont ordonné de prêter attention à la piétaille. Nous grimpons maintenant vers le village d'Annoisin-Chatelans. C'est bien parti. On monte, on monte d'un bon rythme. Aie, aie, le rythme baisse, on monte moins vite maintenant, encore moins vite. Ah, ça repart (la pente est moins forte). Le rythme revient. Bien, bien mon cyclo... Ouf, c'est fini ! Nous sommes en haut. Arrêt, pour un besoin naturel et distribution de picotin pour recharger les batteries !

Maintenant on fonce dans la pente vers le Val d'Amby toutes ailes déployées, crinière et panache flottant dans le vent. Bon vent. On tourne à gauche avec précaution car on risque de rencontrer des équipages inscrits à la course dite la RhôneAlpine. Nous les reconnaîtrons facilement. Ils sont numérotés. En voila deux. Oh, oh, ils ne sont pas heureux car ils ne répondent pas à notre bonjour. En voila, un petit troupeau, les gueules fermées. Pas bonjour, non plus. Pas gentils, ces gens. Tiens, un tout seul. Pas bonjour. On lui pardonne, il semblait épuisé !

Torjonas. C'est beau comme nom de pays, ça fait médiéval et ça monte vraiment. Mon cyclo fournit un bel effort. Je suis content, il pédale bien. Et hop on redescend sur Montalieu. Une belle piste nous y conduit. Ma chaîne positionnée sur le 50 crocs, nous fonçons entre 30 et 35 km/heure vers la manufacture de béton et la ville fantôme de Quirieu. Pourquoi la ville fantôme de Quirieu ? Parce que Quirieu est une ville du moyen âge de la taille de Crémieu qui contrôlait le passage du Rhône (le fleuve). Aujourd'hui, les ruines de Quirieu disparaissent sous une dense végétation... à savoir !

Justement, mon cyclo m'arrête sur le Pont de Briord. Nous regardons , tous les deux, le beau fleuve tout en grignottant encore du picotin. Enfin lui, pas moi car je ne me nourris uniquement d'huile téflonnée et de graisse. Je suis un Pégase mécanique, qui parle certes ! Les Granges de Montagnieu ont l'avantage d'offrir des toilettes aux cyclistes. Le mien en profite.

Eh, eh, tu te trompes, cyclo ! c'est à gauche, pas à droite. Tu ne veux quand même pas monter à Lompnaz. Si ? Pourquoi ? Parce que Lompnaz, ça fait médiéval et que ça monte ? Comme tu veux. Moi m'en fout. C'est pas moi qui pédale...
Oh, oh ! fatigué le cyclo. Bien fait, quel prétentieux ! Fait le kéké et maintenant ça rame ! Eh, le cyclo, je peux aller plus vite, tu le sais ça ! Pffff, si c'est pas malheureux ça. Moi, un si beau vélo avancer à cette vitesse. C'est pas ascensionnel ça. C'est descensionnel !

Oh, lecteurs. Ne croyez pas que mon cyclo est nul. Je l'asticote vertement pour l'aider à retrouver un regain de puissance. Et la puissance est le produit de la force par la vélocité. Donc, moins tu pédales moins vite, plus t'avanceras plus vite. En fait, chers lecteurs (complètement perdus ou effarés par cette histoire hors du commun ; cyclodébile ? qui a dit débile ?), je ne suis pas qu'un vélo parlant. Je coache aussi mon cyclo d'où l'asticotage psychologique pour le faire avancer. Aller, nom de ..., appuie sur mes speedplay (les pédales) mon gros, arrache toi, bouge toi l'arrière train, la force, la vitesse, nom de ... J'use de psychologie motivante pour l'amener à réaliser ses projets secrets pour l'avenir ! Alors, rigolo, t'appuie sur ces p...... de pédales !

Le coaching psychologique a son effet. Nous sommes déjà à Lhuis, arrêtés aux toilettes les plus propres de la région (à visiter) pour mettre du carburant dans les réservoirs. Et hop, mon cyclolent (terme psychologique) en route pour Groslée. Deux tractosores doublés, un cyclo vélocirapté (Grrrr, miam, slurp, burp...) et le pont de Groslée. Nous traversons rapidement des campagnes bien agricoles et enfin, l'écurie ! Ouf, parce qu'il fait faim ! Non, pas moi, mais mon chevalier au panache fatigué !

Km parcourus : 112
Temps : 4:31:00
Denivelé : 1350 mètres


Eh, c'est quoi ce bazar, personne ne vient me bouchonner ! N'importe quoi !

PS : Bravo si vous avez dévoré cet article rédigé par Pégase, le cheval fou. Non, le vélo fou qui parle ! J'sais plus en j'en suis, Moa !  Nom de ... Grrrrr !


Par Michel
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Dimanche 6 septembre 2009
Pas beaucoup de vélo en ces temps de reprise scolaire et d'invitations de fins de semaine... Toutefois, je trouve quelques petits créneaux pour aller pédaler...

Roues en Hélvétie puis en Pays du Vuache...

Mon collègue de travail me propose une promenade de 70 km en Pays du Vuache. Le Vuache est en réalité une montagne située à l’ouest du département de la Haute-Savoie, entre les villes de Saint Julien en Genevois et de Frangy.  La montagne du Vuache s’étend sur 11 kilomètres, du défilé de l’Ecluse à Chaumont et culmine à 1106 mètres d’altitude.


Nous partons du village de Archamps en direction de la frontière suisse distante de 3 km à la Croix de Rozon. A peine la ligne imaginaire franchie alors que nous sommes à quelques centaines de mètres du territoire français, l'ambiance bucolique suisse est totalement différente de celle que nous laissons derrière nous. Pourtant, il s'agit de territoires savoyards rattachés au Canton de Genève par le Traité de Turin en 1816. Cette campagne "médiévale" semble bien plus verte, les villages plus fleuris, les maisons plus cossues. Bref, des lieux où il fait bon vivre depuis bien longtemps. Les fermes genevoises typiques sont magnifiquement bien rénovées. Certaines sont remarquables comme cette première bâtisse isolée qui tente de se protéger de la bise et du vent par la saillie, sur la façade principale, de ses deux murs-pignons. Il s’agit d’une caractéristique que l’on peut observer à maintes reprises dans la région genevoise. Remarquables aussi : les encadrements de fenêtres en roche calcaire, reconnaissable à sa teinte très claire...


ou cette dépendance agricole du 18ème siècle avec un avant-toit porté par des bras de force,  des encadrements en molasse ou en roche, la cour pavée de boulets. On peut remarquer les percements en demi-lune qui, à l’étage, assurent la ventilation du fenil (texte et photo du site www.ge.ch).


Nous continuons donc à alterner entre France et Suisse pendant un petit moment pour atteindre une bonne fois pour toute notre territoire national à Valleiry. A Vulbens, nous quittons la route principale pour grimper en direction de Fort L'Ecluse. Redoute militaire impressionnante qui contrôle, depuis des siècles et des siècles,
l'étroit défilé dit "Défilé de l'Ecluse", passage du Rhône en sortie du Bassin Genevois. Le panorama offert est vraiment impressionnant...

Photo ci-contre : www.tempetesurlesalpes.fr/16.html
Clic sur la picture pour voir en grand le fort en noir et blanc !


Le défilé photographié du Fort. A gauche, la montagne du Vuache et la route qui nous conduit vers Arcine et Clarafond-Arcine. Au centre, le viaduc SNCF. (Photo wikipédia)

Nous traversons les villages agricoles de Arcine et Clarafond-Arcine en direction de Quincy et Chessenaz puis Chaumont. Nous pédalons sur un vaste plateau agricole très tranquille. Les routes étroites, agréables, sont vides de voitures et de tracteurs agricoles. Depuis, un bon moment, je souffre de la chaleur et les sensations sont peu agréables. C'est ma première sortie "longue" et marquée par un dénivelé plus important. De plus, Cyril, mon collègue très affûté sur son coursier tout carbonique, à la livrée rouge et noire, m'oblige un rythme enlevé. Un bon décrassage mais mon petit coeur m'inquiète tout de même !

Le retour s'effectuera par un ensemble de petites campagnes bien sympathiques qui m'étaient souvent inconnues. Mais la présence d'un guide ou un bonne carte sont indispensables devant la multitude de petites routes qui s'entrecroisent dans le beau pays du Vuache !



House Tour One

Jeudi... Je RTT cet après-midi. Le temps de rentrer et de prendre du bon temps, je m'en vais pour un petit tour autour de la maison. Je suis resté sur les mauvaises sensations des sorties précédentes et un mal au dos chronique qui me bouffe trop d'énergie.  Aussi, je m'en vais peu serein pour un petit tour de deux heures. Je constate assez vite une bonne cadence et une capacité à rouler en rythme (mon rythme svp !) pour une FC convenable.

Je rentre à la maison content de ma prestation foncière... Ouf, la motivation reviendrait-elle ?

House Tour Two

Samedi... Je pars dans le vent avec la ferme intention d'accomplir au moins 80 km et de manger quelques bosses. A mon retour, le cardio dénoncera 85 km pour 1000 mètres de dénivelé positif avec une FC exposée ! Après les Champagnes et Sablonnière (champs plats et sableux), je tourne en direction de Couvaloup (Y a pas loup, pas de panique). Première petite côte montée sur un bon braquet. Je redescends dans la plaine jusqu'à Trept pour atteindre Vénérieu. Seconde cote courte mais très  prononcée avant de descendre le village. Je bifurque à droite en entreprends la plus longue cote de Moras. Descente rapide sur Crèmieu et remontage sur Annoissin-Chatelans. Quatrième cote sérieuse qui peut se révéler fatiguante si on n'y prête pas attention. Annoisin-Chatelan, j'ai droit à un doigt d'automobiliste que j'invective. Grossier le monsieur. En effet, on se trouve nez à nez puisqu'il double une voiture en haut de cote sur un dos d'âne. Normal, je dois me pousser, je ne suis qu'un "en.... de vélo" !
Descente sur le Val d'Amby et grimpage de la cinquième difficulté : Torjonas.  Arrivé en haut, je pars en direction de Parmilieu. La encore, ça monte mais moins fort. Je continue ma route aux travers de petites campagnes pour atteindre la Vallée Bleue, haut lieu touristique, vide de gens comme d'hab. Je regarde quelques véliplanchistes et WindSurfer
faire quelques va et vient sur l'eau bleue du Rhône (le même qu'à Fort L'Ecluse) et m'en retourne vers l'usine des Ciments Vicat.
Au Bayard, je poursuis sur Chavanne et Chanizieu, encore une petite grimpette qui n'a vraiment rien à voir avec le Galibier. Je grimpage donc la mini-colline sur la plaque, eh oui, on the plaque ! Arrivé à Courtenay, je décide de rentrer. Les kilomètres sont engrangés, le dénivelé aussi et la moyenne  est très satisfaisante compte tenu du circuit chaotique et des bourrasques ! MOA CONTENT !

Quoi ? La moyenne ? Vous voulez connaître la moyenne. D'accord : 25 km/heure pour 85 km et 1000 mètres de dénivelé selon mon cardio Polar. Je dois avouer avoir été aidé par un cycliste tout noir vêtu qui a roulé de concert avec moi, toujours bien parallèle, du départ à l'arrivée... Un peu collant ce noir cyclo très silencieux mais motivant !

House Tour House

En ce dimanche ensoleillé, pas de bicycle ! Eh oui, repos après une dure soirée invitée au cours de laquelle, (je dois l'avouer), je me suis dopé au vin rouge ramené de Corse (médaille d'or à Paris)... Aussi pour éviter un contrôle positif de la maréchaussée du pays du NordIsère, j'opte pour un dimanche tranquille... Bon, j'avais un peu la gueule de bois...


Par Michel
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Lundi 27 juillet 2009
En ce dimanche ensoleillé, me voila en route vers le Col de la Croix des Mille Martyrs en compagnie des cyclos du CTSS, un club voisin. Chose rare mais comme ils allaient dans le même sens, autant rouler un moment ensemble.
Je n'ai aucune idée de mon circuit, si ce n'est gravir le col puis partir vers le lac d'Aiguebelette, lieu de rendez-vous avec Myriam et Coline pour un pique-nique. Par contre, que ferai-je de mon après-midi, je ne sais pas !

Photo : www.tignon.be

Nous grimpons donc le col par un chemin inconnu c'est à dire par Voissant. Je grimpe à ma main admiratif devant les deux meilleurs grimpeurs du club. C'est vraiment pentu. Il me semble avoir encore progressé même si je ne suis plus sur de rien !  Me voici au lieu-dit La Montagne, c'est bien mais où dois-je aller ? Enfin, j'aperçois mes deux predecesseurs pas si éloignés. Ouf ! Ils tournent à droite à l'assaut d'un petit mur. Je grimpe et les trouve arrêtés. Ben, l'est où le col ?

Heureusement, des paysans locaux forts aimables nous renseignent. Nous retrouvons la route et en avant pour le col. J'ai encore du mal en cherchant le bon braquet pour suivre efficacement. Soit je mouline de trop, soit je tire trop gros. Je constate tout de même que j'ai perdu en cadence. Aussi, je m'oblige à tourner les papattes mais ce n'est pas sans mal.

Enfin, le col. Un cycliste arrive à son tour. Belle surprise, c'est Sébastien ! Petite discussion au sommet et nous repartons chacun de notre coté. Je descends sur Les Echelles et prends la direction de Le Pins Le Lac via la montée de la Bauche.  Le chemin me parait bien moins long que la dernière fois. Tant mieux. Comme, personne n'est au rendez-vous, je fais un tour de lac à fond les manettes. Un cycliste décontracté m'interpelle. Il vient de réparer une crevaison mais il lui manque de quoi gonfler. Je lui prête l'outil. Mais j'interviens car à la vitesse à laquelle il pompe, le pneu ne serait pas gonflé à cette heure. Je retire la pompe avec difficulté. Une partie de la valve vient avec ! Pourtant la chambre à air reste gonflée ! Enfin, la famille arrive et nous casse-croutons à Aiguebelette, petit dodo de dix minutes et je décide de repartir pour Yenne.

Photo : www.sentier-nature.com

Encore une fois, la route est vite parcourue. Yenne la triste ! Faut dire qu'un dimanche am, y a personne ! Bon, que faire ? Rentrer à la maison via les berges du Rhône ou aller à Belley en montant Parves. Il est 14 heures, donc le soleil est à son zénith. J'hésite. Je ne sais pas pourquoi car ma tête est du coté de Parves. Je traverse le Rhône et attaque la montée de Parves. Fait chaud, le goudron cloque. A Chemillieu, un lavoir m'attend. Je m'asperge copieusement. Parves, déjà. Il n'y a plus qu'à descendre sur Belley. Aussi triste que Yenne, ce Belley. Deux directions possibles. Je rentre par Peyrieu mais y a un ptit coup cul que je n'aime pas ou je gravis la longue montée d'Ambléon via Saint Germain Les Paroisses. C'est décidé, ce sera le plus difficile : Ambléon.

Photo : www.felescolombier.fr

A quatre kilomètres de St Germain Les Paroisses, je m'échine dans un autre satané coup de cul. Je l'avais (presque) oublié celui-la. Je souffre de la chaleur. Et me voila déjà en haut. Vais-je plus vite ou suis-je habitué à la route ? Tiens, une jeune dame cycliste avec la carte Michelin sous les yeux. Cette aventurière spontanée vient d'Annecy et va à Lyon. Par contre, elle trace sa route selon des conseils ou ses envies du moment. Elle cherche à éviter le Bugey qui se dresse devant nous. Pas simple. Après discussion, elle décide de me suivre. Nous montons ensemble Ambléon. Arrivés au Lac, nous nous séparons. Elle souhaite s'y baigner et moi, je préfère rentrer car j'en ai plein les papattes.

Descente sur Lhuis. Je ne pédale presque pas et quand je pédale, c'est une mini-cadence. Alors, je m'oblige mais c'est pas fun. Impossible de dépasser les 80 tours. J'ai tendance à prendre un gros braquet, aucune souplesse. Lhuis, je m'arrête aux toilettes publiques toutes propres. De l'eau fraîche, il était temps. Je passe le pont de Groslée. J'adore ce nom : Groslée. En face, c'est Branges mais à coté c'est Gouvoux.  Ce sera Gouvoux, puis Mépieu, La Gorge et Arandon. Petite montée où je travaille la souplesse et enfin la départementale. Je n'y reste pas préférant le petit détour par Tirieu où je fais la course avec un canon d'irrigation. Sablonnière la carrière (ce lieu dit porte bien son nom) et enfin Salagnon.

Résultat :

199 kilomètres
2665 mètres de dénivelé
10 heures de vélo (pauses comprises)



Une erreur de cardio qui ne s'arrête pas pendant le repas... d'où une FC de 0 !
Par Michel
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Dimanche 10 mai 2009



Cet article se veut anecdotique et il doit être abordé sur un ton cyclo humoristique... Toute correspondance avec des faits  réels ne serait que pure coïncidence...



♣ Pardon Monsieur le cycliste, je ne le ferai plus !


Après une petite semaine de repos suite à mes balades provençales, je partais en ce samedi après-midi pour un solo tranquille. Dès les premiers coups de pédales, je sentais une certaine facilité. Ah, tiens, aurai-je progressé ? La cadence est fluide, le coeur normal et la vitesse supérieure à ce que je connaissais. Alors, je profite de cet effet provençal pour avancer davantage en rythme et en puissance. Chose qui me fait défaut. Con !

Arrivé vers le hameau de Tirieu, je bifurque pour Arandon. Devant moi, les casaques rouges du club local. Je les enrhume poliment puisque je salue le tout. La seule fois où j'ai roulé avec eux, les deux leaders du groupe ont cherché à me tester après avoir cartonné verbalement les cyclistes longue distance. Aujourd'hui, ils restent sur place !

Je me donne bien, relançant régulièrement, grimpant les côtelettes (après la Provence, c'est plat ici) en puissance. C'est plaisant. Je traverse Mépieu (belle église) sans rencontrer le chien dingue et son maître si désagréable. J'arrive à Le Bayard et prend la direction de Montalieu. La, après une petite côte qui m'aime pas et que je dompte, c'est un long plat relatif jusqu'à l'usine des Ciments Vicat. Vitesse maxi calée sur une FC contrôlée. Après Vicat, je tourne à droite pour atteindre la Vallée Bleue, station balnéaire ratée en bord de Rhône.

Je traverse la N75 en direction de Porcieu et ensuite un ensemble de zigs et des zags, j'arrive à Parmilieu que je traverse avant d'arriver à Amblérieu. Je roule toujours dans le même état d'esprit : du rythme et la puissance. Depuis un bon moment, le vent s'est levé et corse mon exercice. Je longe le Rhône un moment mais il faut le savoir car on ne le voit pas de la route. A Hières sur Amby, j'hésite entre la montée de Torjonas et le Val d'Amby. Je choisis le Val d'Amby parce que je l'apprécie. C'est un beau vallon encaissé entre deux falaises boisées avec une petite rivière bruissante. En plus, la pente est régulière pour terminer par un très léger coup de cul.

Devant moi, un groupe de cyclistes à la casaque de Génas (un club lyonnais...). Ils montent lentement et moi, je cherche à monter rapidement tout en surveillant mon coeur. Je les enrhume poliment puisque je dis bonjour ! Mais, je dois maintenant, présenter à ces messieurs toutes mes excuses pour les avoir doublé de cette manière. Eh oui, cela n'a pas plu ! Aussi, le leader me part après et me rattrape sans pour autant me dépasser alors que je n'ai même pas accéléré. Faut dire qu'il a des excuses, il devait faire demi-tour pour aller chercher ses copains abandonnés. Dommage puisque la côte se poursuit et nous aurions pu mesurer nos capacités respectives.

Je vais, tout de même, rassurer ce monsieur :

Cher Monsieur le Cycliste de Genas,

Je reconnais que :
- vous êtes bien meilleur que moi, cyclo lent prétentieux
- votre vélo de marque est bien plus beau que le mien démarqué
- vos roues sont largement supérieures aux miennes
- votre tunique violette aux couleurs de votre CLUB est bien plus saillante que la mienne bon marché. Je vous assure : le violet vous amincit.
Je vous demande encore pardon de vous avoir humilié. Je ne savais pas qu'il était interdit de vous doubler ainsi. Je ne recommencerai plus ! Je ne vous énerverai plus jamais !

Arrivé au croisement suivant, je tourne à droite en direction d'Annoisin. Je consulte l'heure et constate ne pas avoir le temps d'allonger le circuit. Aussi, je fais demi-tour pour Optevoz. Je me rentre tout aussi rapidement.

Km parcourus : 69
Temps de pédalage : 2:35:35
Vitesse moyenne (allez, je vous le dis, c'est si rare pour moi) : 26,8
Dénivelé tout petit : 530 mètres (soyons honnête)


♣ Dimanche : Le Dauphin

Le Dauphin, nom surprenant pour une randonnée de club. Pas surprenant que ça puisque la petite région dans laquelle je vis s'appelle le Dauphiné.

Pause culturelle...
 
Cette province d'ancien Régime avait pour limite, au nord, le Rhône qui la séparait de la Bresse (Brêsse) et du Bugey (Bugê). À l'est, venaient la Savoie et le Piémont, et au sud le Comtat Venaissin et la Provence. La limite occidentale était marquée par le Rhône au sud de Lyon. Le Dauphiné s'étendait jusqu'aux faubourgs de Lyon. La Capitale du Dauphiné était Grenoble où siègeait le Parlement de la Province. On le divisait en Haut Dauphiné (alpes) et Bas Dauphiné ou Dauphiné du Midi (préalpes).

"On vante beaucoup le caractère du Dauphinois, avec sa profondeur, sa ténacité, sa finesse; plus calme que le provençal, au lieu de s'emporter, il réfléchit. Euh, pas les cyclistes !
On connaît d'ailleurs le dicton: Fin, rusé, courtois, le Dauphinois sent venir le vent et connaît la couleur de la brise." (Pour faire court : le Dauphinois est radin !)

Ah oui, j'oubliai, le blason du Dauphiné, c'est un Dauphin plutôt féroce ! Avez-vous pigé ?



Reprise sportive après l'intermède culturel :

Donc, le club de l'Isle d'Abeau intitule sa rando Le Dauphin. Généralement, les cyclos du Cyclo-Club IDA aiment concocter des parcours sympathiques mais plutôt casse-pattes. Je l'ai encore vérifié ce jour.





Je me lève à 05h30, histoire d'être opérationnel à 7h00. Comme d'hab, je traîne donc après mon inscription, je ne pars que vers 07h15. J'aperçois d'anciennes connaissances partir au moins 10 mn
avant moi. L'une d'elle est plutôt en concurrence, une vieille histoire, plus ou moins oubliée. C'est d'ailleurs idiot puisque ce cycliste est bien meilleur grimpeur. Nous nous sommes dit un mot à l'inscription. Il m'a demandé si je roulais beaucoup. J'ai dit oui. Moi aussi a-t-il répondu !
Je pars donc seul, un peu trop fort d'ailleurs. Je connais bien le chemin et ses difficultés. Encore une fois, je roule en rythme et en puissance. Encore une fois, le vent durcit l'effort.

Ah, tiens, on change de route. Et à partir de cette bifurcation, nous n'emprunterons qu'un ensemble de petites routes bien agréables qui nous conduit à Aoste. Je rattrape un Time rouge perdu avec qui nous partons vers Saint Genix sur Guiers, pays du célèbre gâteau aux pralines le Saint Genix. Le Time roule devant moi mais pas assez vite. Je le double, cela semble le surprendre. Arrivés à un rond point, je tombe sur le 34 en prévision de la pente suivante. L'homme en profite pour me dépasser tirant gros. Il accuse tout de même le coup. Je m'imagine ensuite que le parcours emprunte le Col de la Crusille. Ben, non. Nous prenons une petite route en direction de Saint Maurice de Rotherens. Je devine que nous allons grimper dur un bon moment. Le Time attaque avec vivacité le dénivelé tout de même impressionnant. Tiens encore un bon grimpeur...

Le dénivelé s'intensifie. Je double trois cyclos agonisants. Le Time avance mais moins vite. Je grimpe étonnement bien, je me surprend. Effet Provence ? Et voila que je double le Time sans difficulté aucune (moi sans difficulté, le Time est en train d'imploser). J'avance, j'avance d'un bon rythme. Mais mon rythme pas celui d'un avion de chasse, ni d'un airbus. Celui d'un vieux biplan poussif qui vient de se manger un Time !

Broummmm, Pshhhh....

Je poursuis ma route d'un rythme régulier. Je suis content de moi. Si vraiment. Enfin, j'atterris à Gerbaix au dessus de Novalaise. Je suis le panneau en forme de Dauphin qui m'indique la route montante pour Marcieu puis Verthemex. Je grimpe, je grimpe toujours en pleine autosatisfaction. Et puis, je tourne en direction du Col de l'Epine. L'avez-vous déjà escaldé de ce coté la ? Moi non. Eh bien, ça grimpe, c'est digne d'un mini Ventoux. Juste avant Vacheresse, j'entends la voix bien portante d'un ex-collègue de mon ex-club FFCT. Il descend. Il m'aperçois et s'écrit Tiens, vla le Père Michel. Ah, je connaissais la Mère Michèle qui avait perdu son chat ou le Père Noël... Bon, j'ai échappé au Pépère Michel ! Ouf !

Vacheresse (y a toujours un Vacheresse dans les montagnes). Je tourne à droite. Merde, un rallye automobile avec des voitures de Monsieur Tout le monde, ça craint vraiment ! Des malades qui s'y croient ! Je monte, je monte. Je suis fier parce que aucun vélo ne m'a doublé depuis le départ ! Moa content ! Une voiture s'arrête à ma hauteur. C'est le photographe du club. Tout en conduisant, il clique et me sert dans le bas coté. Je râle ! Excuses et encouragements. Le ravimiammiam est à 200 mètres ! Rephoto à mon arrivée, ça fait trois fois. Je lui fais une facture ! Normal non, me voila mannequin cycliste !

Et qui je retrouve au ravito ? Le mec en concurrence, dont j'ai causé plus haut, parti 10 mn avant moi. Eh eh ! Il semble surpris : Bien grimpé ? Réponse laconique : j'ai grimpé et me voila. Je vous fais grâce du reste de la conversation cycliste avec un mec à l'air pincé.
Arrive une autre connaissance aussi partie avant moi. Je ne comprends pas. Et de m'expliquer une erreur d'aiguillage et un col (Mont Tournier) grimpé deux fois. Tout JC craché ça. Il monte si vite qu'il ne voit jamais les signes cabalistiques sensés nous diriger (dans cette rando, des poissons. Non, pas un requin, un dauphin) !

Le retour s'effectuera avec cette seconde connaissance. Plutôt rapidement. JC est un excellent cycliste, un grimpeur incroyable. Nous filons sur Novalaise. Je reste prudent dans les descentes. Les autres non, à mon avis. Montée du Col de la Crusille. On dépasse un groupe de cyclos qui nous prennent la roue jusqu'à Saint Genix sur Guiers. L'un d'eux m'énerve grave. Il attend la dernière ligne droite et le stop pour doubler. Ensuite, si je fais mine de le dépasser, il accélère et se déplace à gauche. Allons bon encore un qui veut me faire comprendre sa supériorité. A-t-il entendu ma discussion au col avec un cycliste du club de l'Isle d'Abeau adepte de longues distances ? J'en ai marre de ce comportement à la con. Mon physique démontre t-il une incapacité cycliste dont il faut profiter ? Mon vélo attire t-il les jalousies ? Et l'autre qui continue son cirque, toujours provocant, la gueule fermée à la pro. Son vélo est d'une propreté maniaque. Il en est fier, ça se sent. Une nouvelle attaque en descente et il rate une flèche dauphin d'une taille de baleine. Bien fait pour sa gueule. JC, mon collègue l'interpelle et me propose de l'attendre. Niet, je profite des petites côtes casse-pattes pour m'en aller... Nous terminerons seuls et tranquilles. OUF, car le vélo, ça peut énerver  !

Km parcourus : 134
Dénivélé + : 2250 mètres
Temps passé à pédaler : 5:56
Moyenne : 22,7 km/h, Grrrrrr !




 

 

 

 

 


 
Par Michel
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Vendredi 10 avril 2009
Et c'est parti pour un grand tour avec mon Pégasus Pédalus (nom latin). L'objectif est simple : 180 km et dépasser les 2000 mètres de dénivelé positif soit 8 heures de selle. Aussi, le vélo est équipé de son coffre arrière qui contient le miammiam nécessaire à une telle balade à savoir :

- deux petits pains au lait additionné de fromage de biquette
- trois petits pains au lait mais nature
- un sandwich pain complet, jambon et fromage de biquette (la même)
- cinq barres de céréales made in Décathlon
- une banane
- un sac rempli de poudre blanche (douteux, ce sac) made in Décathlon

Je suis bien costumé en optant pour les longues jambières et une veste aux manches démontables. Mais, j'ai gardé au dessous mes manchettes. Je préfère avoir chaud au départ et en enlever ensuite, petit à petit. Bien sur, j'ai mon casque en forme d'Alien (d'ailleurs, c'est le modèle Alien) mais je ne bave pas (sauf dans les longs dénivelés positifs).

Le circuit retenu ne m'est pas inconnu. Je l'ai découvert grâce aux cyclos de Morestel-Les Avenières. Par soucis de sécurité, j'ai tout de même bien observé la carte au préalable et comme d'hab, je n'oublie pas mes micros-cartes locales. Ce sont, en fait, les pages d'un vieux guide Michelin à spirale que je déchire en fonction du lieu de pédalage. C'est pratique sauf que je suis obligé de regarder ça de loin ou d'avoir mes lunettes de vieux. Fait pas bon de devenir vieux. Croyez-moi ! Je dis cela pour les ptits jeunes qui veulent faire la course ou en concurrence avec moi. Je les rassure, ils gagneront toujours !

Le départ est assez roulant puis un peu casse-pattes, histoire de s'échauffer. Je traverse des villages que j'aime bien. Par exemple, Vignieu, petit bourg agricole dans lequel, autrefois, les paysans-ouvriers travaillaient aussi dans les petites manufactures de tissage. Après le travail, de nombreux troquets les attendaient. Troquets dont la licence avait été offert par l'Etat Français aux Gueules Cassés de la Première Guerre mondiale m'a-t-on expliqué. Dans ce village, les maisons sont surtout en pierre alors que légèrement plus loin, c'est le Pisé qui est utilisé comme matière première.

J'arrive à Morestel (Instant Pub : Cité des Peintres, éveillera en vous, au travers des ruelles de sa Vieille Ville, un sentiment de sérénité, tant par l'authenticité de ses vieilles pierres que par la vue saisissante des montagnes du sommet de la Tour Médiévale) et je commence par me tromper de direction ! Je corrige vite mon erreur et reprend le bon itinéraire. C'est du plat jusqu'à la Cascade de Glandieu, enfin, la petite rivière qui alimente la cascade. Sur ses longs pieds, allait je ne sais où, le Héron au long bec emmanché d'un long cou. Il côtoyait donc la rivière. Je m'arrête pour photographier le grand volatile. Mais le temps que je dégaine mon appareil (Eh oui, je l'ai !), Maître héron décide de s'envoler au loin. Raté ! Un clic quand même et direction Saint bois ou Saint Boys (en anglais dans le texte !). Je me promène dans une campagne tout à fait paysanne puisque l'unique activité économique reste agricole...

Maître Héron était la, à droite !

Paysannerie et Agriculture

Paysanne et agricole deux adjectifs synonymes ? Non, pas tout à fait. Dans la sociologie rurale, la société paysanne aurait existé jusqu'en 1960. Les gens de la campagne travaillaient la terre dans une logique patrimoniale évidemment centrée sur la cellule familiale. La ferme est la raison d'être de la famille. La famille, celle de la ferme. Le système est presque autarcique. Le paysan vend ses surplus sur le marche du bourg voisin.
Dans les années soixante (création de l'utile CEE), le sociologue Henri Mendras publie La fin des Paysans. La société paysanne disparait au profit des agriculteurs. La logique est vraiment différente, c'est celle du calcul. L'agriculteur devient le maillon d'une chaîne économique capitaliste. Il achète et investit pour produire et confie la commercialisation de ses produits à d'autres. Mauvaise stratégie car à mon avis cet agriculteur devient un ouvrier de l'agroalimentaire à la ferme. Toutefois, l'activité agricole reste totalement familiale, les agriculteurs créant des sociétés familiales pour accorder l'entreprise et la famille !

Et puis, les choses évoluent très vite. Les campagnes se vident de ses hommes et les machines adorées les remplacent. La production agricole explose et les greniers, les congélateurs débordent. Les objectifs de la CEE sont largement dépassés. C'est l'époque du "Trop" de tout et pour les agriculteurs, la situation devient complexe. Ils ne maîtrisent plus grand chose (si ce n'est la technique pour la technique) car dirigés par une politique agricole mercantile qui se veut concurrentielle sur le marché mondial contrôlé par les firmes agro-industrielles-alimentaires soucieuses de leur gain financier.

Aussi, quand vous traversez ces territoires agricoles, vous devez bien comprendre le dilemme des hommes de la terre. Etre un paysan appartenant à une agriculture de terroir ou  rester un agriculteur producteur obligatoirement soumis aux firmes agroalimentaires et aux centrales d'achat toutes puissantes. La première solution suppose un investissement important du paysan dans la maîtrise des circuits de commercialisation courts à condition qu'il existe une clientèle importante et convaincue dans un proche environnement. La seconde, plus simple, réclame des entreprises de taille conséquente dans un environnement favorable à une production de masse ce qui signifie l'abandon des espaces les plus contraints (d'où un déséquilibre  des territoires). Une France agricole réduite seulement à dix départements producteurs (tous situés à l'ouest évidemment) est totalement envisageable. Qu'a-viendrait-il alors des paysages des zones sans agriculture ? Car ne l'oublions pas, ce sont les paysans qui valorisent (et non exploitent) et définissent les paysages campagnards qui émerveillent les cyclos !

 Eh oui, même sur le vélo, je pense à l'Economie Rurale de notre pays. Et dire que certains élus locaux construisent des zones artisanales ou industrielles vides pour accueillir des entreprises alors qu'ils possédent déjà des entreprises agricoles sur leur territoire... sauf qu'elles ne rapportent pas de taxes professionnelles... mais n'oublions pas, ces exploitations agricoles créent de l'activité économique et de la ressource humaine !

Bon, il est grand temps de reconnecter avec...

... Contrevoz. Ce village tombe à pic, je dois me soulager d'un pipi et remplir mes bidons. Si je trouve des toilettes, je déplore l'absence d'un robinet. Aussi, je traverse le village à la recherche d'une fontaine. Tout un attroupement de gens attend de part et d'autre de la chaussée. Je passe au milieu de la foule, c'est un enterrement. Les croques-morts, portant le défunt, me regardent passer... Je file sur la route prédéfinie et j'aperçois le cimetière de Contrevoz et dans un cimentière, on trouve toujours de l'eau ! Deux ouvriers attendent le cortége funéraire. Je demande où est le robinet et si l'eau est potable. Le plus ancien des deux me répond : bien sûr qu'elle est potable, j'en bois tout le temps et suis pas mort !

Un bidon rempli, je descends vers Cheignieu la Balme, un sympathique village pour rejoindre la première bosse, celle d'Armix et de Prémillieu. Bigre, ça monte. Un vrai dénivelé. A Armix, je mange avant de poursuivre ma route. A Prémillieu, je bascule dans une longue descente peu large en direction de Hostias. Mais, je tourne avant pour atteindre la N504. Après quelques centaines de mètres sur cette grande route, je tourne à droite pour grimper sur Arandas. C'est la seconde difficulté. Je me sens fatigué, ne suis-je pas parti trop vite ? J'opte pour une cadence de sécurité et arrive enfin au sommet. Je décide de parcourir les sept kilomètres qui me séparent d'Arandas.

Cheignieux la Balme

Juste avant Arnix

Arandas, je miam enfin et me prépare pour le Calvaire !

A coté du garage des pompiers, je trouve un robinet et comme je suis en plein soleil, je décide de casser la croûte sur place. Car, la difficulté suivante, c'est la montée du Calvaire de Porte. Le sandwich "pain de mie-jambon" et la banane sont d'un goût exquis ! Je profite pleinement de ce moment privilégié reposant, l'endroit est si calme... Mais, je dois repartir...

Vous êtes sur la route du Bugey ! Vins et fours et cyclomiam !

La descente sur Conand me parait interminable. Les premiers faux plats du Calvaire me pèsent. Je traverse le village du célèbre barbare et c'est parti. Je grimpe comme je peux. Je trouve dur mais ce n'est pas si terrible. Ma vitesse me permet de bien profiter de la végétation de ce profond vallon humide. C'est fun. Plus je pédale, plus je m'approche du sommet. Evidence même mais y penser soulage. Je remarque que les arbres de bord de route ont été proprement élagués et non pas broyés avec une épareuse à fléaux, machine à proscrire. Du beau travail...
Devant moi, quatre randonneurs pédestres. Une dame m'aperçoit et fait un commentaire que je n'entends pas. Ils me font une haie d'honneur style tour de France et applaudissent. L'un des hommes dit : en voila un au moins qui ne tourne pas à l'EPO, ça se voit ! Je vous laisse juge de cette pensée ! Moi, elle m'a fait extrêmement plaisir et beaucoup rire !

Enfin, les derniers mètres du Calvaire. Un camion-remorque pressé me double. C'est fin... Brrrr ! Mais me voila déjà au Col. Yes ! vive moi ! Aller, vite une photo de mon vélo sous le panneau ! Vous remarquerez, cher lecteur averti, que Pégase est démarqué. Eh oui, j'ai retiré les stickers de la marque et apposé ma propre décoration (Bon, ça ne se voit pas bien). Ainsi, mon vélo est plus sobre et ça énerve les accros aux marques et aux idées préconçues...

"c'est quoi comme vélo ?
- un démarqué
- ah bon ? il est en quoi ?
- en fer
- en fer ? non !
- oui, en stroumphnirium, un nouveau métal tolérant
- alors, c'est un vélo mou pour les vieux !
- oui, je suis si vieux"

Un vélo démarqué en Stroumphnirium au repos

De l'autre coté du panneau "Col de Portes", tout un pays modelé par les paysans !

Descente sur la si belle plaine mais nucléaire...

Je descends en direction de Saint Sorlin en Bugey. La plaine s'offre totalement à mon regard et à mon appareil photo. Je m'arrange pour ne pas photographier la centrale de Malville et les fumées de celle du Bugey. Sans ces deux verrues, c'est magnifique mais bon, faut bien aussi s'éclairer et se chauffer ! Sinon, des centrales éléctriques à pédales !

Le Rhône majestueux encore une campagne... le dôme au milieu : Malville !

J'apprécie la descente mais pas trop le revêtement de la DDE. Je croise quelques cyclos montants au look sportif. Ils me saluent. Tiens, ai-je aussi le bon look maintenant ? Plus affûté, moins de poils aux pattes ?
A Saint Sorlin, je m'abeuvre et me fais invectiver par un artisan qui passe devant la fontaine. Je ne sais pas pourquoi. Le vent est au rendez-vous. J'appuie sur mes pédales et recalcule mentalement mon parcours car il me reste encore cinquante kilomètres à faire. Je veux arriver à 180 km. C'est important.
Après Montalieu, je tourne à Le Bayard en direction de Chanizieu, Courtenay et Optevoz. Soyons fou, des kilomètres et de dénivelés en plus ! Mais je suis en forme !

Optevoz, sur la place de l'eglise...

Après une seconde incartade avec un autre artisan qui me reproche d'être sourd. Eh oui, que voulez-vous, le vélo, ça rend sourd...
Pause à Optevoz. Je miam trankil. J'aperçois un grand mec, le bras en écharpe du genre clavicule pétée, s'approcher de moi (non, ce n'était pas lui ). Il s'arrête à un mètre, contrarié. Je ne dis mot. Il ne dit mot. On s'observe. Son regard inquisiteur se dirige sur le vélo, toujours, entre mes pattes. Il se rapproche encore, scrute Pégase, hausse les épaules et repart en marmonnant dans la direction de l'église (les cloches sonnent, c'est l'heure d'aller prier et confesser ses mauvaises pensées cyclistes)... Souhaitez-vous connaitre mon avis : Non ? Si, si, c'était un comportement d'abruti à la pensée obtue !

Et enfin, et c'est bien la, l'essentiel...

184,8 km - 2631 mètres de dénivelé positif - huit heures de selle...
Aller, sortez votre calculatrice et pensez ce que vous voulez mais...

... MOA, TRES CONTENT DE MOA CAR JE ME SUIS FAIT GRAND PLAISIR !


PS : ce grand parcours pour me préparer à mon premier challenge 2009 !




Par Michel
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Mardi 20 janvier 2009
Ce n'est pas mon habitude d'écrire en semaine. Mais comme il faut avoir comme habitude de ne pas avoir d'habitude, alors j'écris...

Il est extrêmement rare que je mélange travail et vélo même si le challenge Annecy - Brest de 2007 s'est déroulé sous les couleurs de l'institution qui m'emploie. De plus, j'essaie de ne pas trop parler de cette passion cycliste afin de ne pas paraître prétentieux ou complètement frappa-dingue. Déjà que faut bien être un peu fou pour se lancer dans une pratique cycliste intensive. Mais à chacun son truc n'est-ce pas et les vaches seront bien gardées !

Pourtant, en ce début de semaine, deux situations professionnelles me conduisent à établir un lien avec le cyclisme.

Situation numéro une

Entrent dans mon bureau de demi chef suprême, deux collègues qui encadrent un adolescent devenu féroce. Explication : le jeune individu soutient mordicus qu'il n'est pas nécessaire d'aller à l'école pour devenir paysan, chef d'entreprise et qu'à l'école, on apprend que des conneries. Je demande d'où proviennent ces arguments dangereux. L'adolescent cite son patron (merci, patron !) et un reportage à la télé dans lequel un paysan disait qu'être paysan n'était pas un métier mais une passion. Le raccourci est vite pris : une passion ne s'apprend pas à l'école donc pas besoin d'école !
En bons pédagogues, nous cherchons à expliquer à la tête dure la chose. Enfin, pour atteindre les jeunes neurones bloqués, je suis obligé d'utiliser la voix qui permet généralement de mieux se faire entendre. L'animal féroce parait réfléchir. A-t-il entendu ? Il semble plutôt chercher de nouveaux arguments. Il trouve et assène d'un ton professoral : moi, je suis passionné de vélo et pourtant on n'apprend pas à faire du vélo à l'école. C'est donc comme l'agriculture. Pas besoin d'école !
Mon visage s'éclaire d'un grand sourire. Ce jeune contestataire prend des risques. N'a-t-il pas remarqué les affiches de vaches et de vélos qui décorent mon bureau. Un collègue s'écrit : Alors la... comme s'il attendait une explosion du formateur - dompteur (de jeunesse) - cycliste que je suis.
Alors la... ma pensée s'en va vers ma pratique cycliste et les challenges fixés pour 2009. Je pense à tout ce qu'il me reste à apprendre pour être opérationnel à la date fatidique, à Maître Yoda et au chevalier Jedi qui m'apprennent à devenir un cyclo de l'ultra, moi mini-cyclo !

Non, le vélo et l'agriculture s'apprennent ! Retourne en salle de classe, tais-toi et ouvre grand les yeux et les oreilles !

Situation numéro 2

Je suis au tableau en train de faire mon show. Eh oui, faut être meilleur que les acteurs de Plus belle la vie pour intéresser aujourd'hui les ado.
Je parle de pilotage et de gestion d'entreprise. Piloter, c'est avoir des objectifs, c'est décider, c'est organiser, c'est préparer. Gérer, c'est s'informer, mémoriser, calculer, vérifier. mais c'est aussi anticiper et innover. Et voila que ma pensée s'envole vers le vélo. En fait, conduire une entreprise, c'est comme entreprendre des challenges en vélo (quoique, y a moins de risques en vélo au regard de la conjoncture). J'hésite à illustrer mon propos par cet exemple cycliste. J'opte plutôt pour une illustration agricolo-agricole pour éviter toute confusion dans ces jeunes cerveaux.
Alors que je joue mon rôle de pédagogue dompteur, un jeune apprenant cherche à trouver l'équilibre sur deux des pieds de sa chaise (Cela fait deux ans qu'il cherche à trouver cet équilibre précaire en salle de classe). Soudainement, il a une idée lumineuse. Afin d'anticiper une chute possible, il innove en plaçant une canette de coca vide (qui a échappé à ma vigilance) sous un des pieds avant de la chaise. Résultat : le système chaise-canette-élève mal équilibré s'effondre (pourtant, j'avais dit qu'un système devait être toujours équilibré). Immédiatement, j'oublie toute stratégie et réagis primitivement. J'exclus la chaise et la canette responsables de l'accident et la pauvre victime. "Putain, ces canettes ne valent plus rien".

Moi, pas penser !

Cet après-midi, je rtt. Après une bonne heure de route en automobile, j'enfourche mon fidèle cheval ailé pour une trainingséance de deux heures. Objectif : des montées et des montées, toujours des montées pour travailler la force et la vélocité en montée ! Normal non !
j'ai décidé, aussi, d'appliquer une nouvelle régle découverte dans le fameux film Le dernier samouraï avec Tom Cruise (evidemment le dernier des derniers est un américain). L'américain, non formé au combat au sabre, se fait rosser par un japonais aguerri. Un autre japonais plus sympa interpelle l'américain est lui dit : Toi, pas penser ! Et voila que l'américain devient superbon, rosse tout plein de samouraï et sans sabre s'il vous plait ! Donc, je me propose de pédaler sans penser pour devenir superbon comme le dernier des cyclos.
Je pars plutôt dynamiquement dans les premiers plats nécessaires à un échauffement. Arrivent le premier puis le second dénivelé. Je grimpe ça facile même si ça tire. Je suis surpris mais comme je pense à ne pas penser, je ne pense pas. Pourtant mes yeux regardent le pédalier. My god, where is the chain ? (Mon Dieu, où est passée la chaîne ?). Y a pas de chaîne sur le plateau de 36 crocs. Je regarde mieux et aperçois la chaîne sur le plateau de 50 dents. Ben merde, je suis sur le 50 depuis mon départ de la maison et je n'ai rien senti !

Conclusion : suis devenu superbon. Moi, pas penser, ça marche !

km parcourus : 72
Temps de pédalage : 2:57
Dénivelé : 837 mètres
Moyenne : vous calculez !
Eau + produit endurance consommée : 1 litre
Miam : 1 barre à l'heure

Plus sérieusement : de bonnes sensations... même si j'apprécierai être plus vélociraptor... Ah, ce toujours plus ridicule !

Enfin...

♦ Barak OBAMA, Président ! Yes !
Je reviens de ma sortie juste à l'heure pour assister au direct...

♦ Pour les vaches et le vélo :


Par Michel
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Dimanche 18 janvier 2009

En ce matinage d'hivernage, levage tardif compte tenu d'un couchage aussi tardif. Ouvrage des volets pour découvrir une météo qui ne conduirait pas à la plage mais plutôt à un recouchage. Je partage d'un petit-déjeunage tranquille en famille et soudainement l'appellage du grand large. Alors, je m'équipage de ma tenue vintage et m'en vais pédalage dans le ventage pour une nouvelle seance cyclotrainer.
Il est dimanche - 11 heures - et c'est la seconde séance d'entraînement de ce week-end. Je vous conte...

Splash séance

Il s'agit d'une séance très spécifique plutôt courte soit 1h30 dans des conditions particulières : pluie et vent !  C'est primordial pour une Splash séance. Je pars donc dans le vent, la pluie s'étant heureusement  retirée.  Je recherche à avoir du rythme, chose facilitée par un gain de cadence à valoriser.  Donc j'avance heureux attentif à mes sensations sur un circuit bien connu. Toujours au même endroit, la pluie me guette. Je poursuis toujours dans un rythme qui me convient sous des gouttes de plus en plus précipitées.
Enfin, me voici au pied de la longue côtelette révélatrice de l'état de forme. Je ne monte pas aussi rapidement que par beau temps, la pluie et le vent, venu en renfort, compliquant ma progression. La FC s'affole légèrement obligeant à adapter le braquet et la cadence.
La pluie décide de s'en aller seule. Le vent cherche la confrontation, plus affûté que je ne le suis. Alors, j'abandonne la partie pour éviter une fatigue exagérée et inutile. Aussi, je rentre directement et tranquillement, bien obligé !

Endurance game

Samedi - 11h00 - Après une semaine de travail intensive avec des amplitudes horaires qui feraient frémir un syndicaliste acharné, me voici en "fin de semaine", pour ne pas dire week-end. Evidemment, je ne me lève pas aux aurores et décide de partir rouler à partir de 11 heures pour une sortie de 100 km. Par contre, je panache ce circuit par quelques dénivelés positifs plus pentus. Cette séance se veut des objectifs multiples :

- une belle promenade en rythme.
- travailler la vélocité et la persistance dans les portions planes.
- grimper avec dynamisme (tout en restant assis) les dénivelés sélectionnés sans pour autant exploser une FC qu'il convient respecter.
- vérifier si la consommation d'une barre de céréales par heure est correcte
- apprendre à boire !

Et oui, je ne bois pas assez sur le vélo. Aussi, je m'oblige à consommer davantage de liquide adapté à l'effort afin de persister dans le temps. Je m'applique aussi à mâcher le pain d'épice maison censé compléter les barres de céréales un peu trop onéreuses à mon goût.

Mon circuit débute par une partie plane d'échauffement. J'accroche la plus longue montée de Moras, puis celle d'Annoisin-Chatelans pour travailler la vélocité ascensionnelle mais aussi, sur de courts moments, la puissance en conservant un braquet important et une cadence plus lente.
La descente du Val d'Amby me permet de faire tourner les jambes le plus rapidement possible sans utiliser le plateau de 50. Je m'essaie ensuite à conserver cette cadence dans les plats qui me conduisent vers Lagnieu. Comme d'hab, Gargantua(1) a laissé la porte ouverte et le courant d'air s'engouffre dans les vallées du Rhône contrariant ainsi mon pédalage vers le pont enjambant le fleuve qui tourne à cet endroit. Je m'imagine que l'immense ventilateur me propulsera quand je montrerai le dos à Lagnieu. Eh bien, non ! Eole décide de durcir mon exercice en soufflant dans le sens contraire. Je m'oppose à lui jusqu'au  lieu-dit  Les Granges de Montagnieu, fin de la partie plane longeant le Rhône. A cet endroit, j'établis mentalement un premier petit bilan. Je suis content de mes sensations.

Je quitte la platitude pour m'engager sur de nouvelles pentes pour atteindre Vérizieu puis Lhuis. Je m'oblige à grimper dynamiquement  et le résultat me convient pleinement. A Lhuis, je birfurque en direction de Groslée, village aux belles maisons de pierre où "Gargantua boit le Rhône en même temps qu'un bateau de 500 fagots, un pied sur le clocher de Groslée, l'autre sur le château de Brangues".
Je traverse le Rhône par le pont suspendu de Groslée et me dirige vers Brangues. Je tourne avant en direction de Gouvoux, puis de La Gorge pour atteindre Arandon et la maison.


Le pont de Groslée construit en 1912 photographié par Jean Mossot.
(http://fr.structurae.de/photos/index.cfm?JS=46011)






Brangues, il y a bien longtemps

Durée du pédalage : 04:20
Km avalés : 106 (Si vous êtes accros à la moyenne, calculez !)
Kcal / km : 31,46
Kcal / heure : 770
Barres consommées : 2 + 3 belles tranches de pain d'épice (pas assez)
Eau additionnée de produit d'endurance : 1,6 litres soit 400 ml par heure, c'est mieux !

Bref, une belle séance aux sensations agréables... Et c'est bien le principal !


Gargantua !

(1) Gargantua a été repéré un peu partout sur le territoire français, que ce soit dans la toponymie ou dans les légendes locales, sous son nom propre, ou bien sous un de ses multiples prêtenoms qui n'empêchent pas de le reconnaître à son allure et aux exploits qui lui sont attribués. La multitude de ces sites compose un gigantesque puzzle qu'il reste à déchiffrer.

http://jean.louis.negre.free.fr/05_Divers/Trois_Pucelles_ori_V0.pdf









Par Michel
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Dimanche 11 janvier 2009
Samedi 12h30 !

Enfin un vrai hiver avec de belles températures négatives. Pourquoi s'en plaindre ? C'est même rassurant de se peler à nouveau puisque le climat souffre des chamboulements induits par les activités humaines peu respectueuses... Certes, le signal d'alarme est tiré mais il est bien difficile d'inverser la vapeur pour ralentir le train-train de la vie tulmutueuse et prendre de nouvelles voies durables !

Pourtant, ce froid n'aide pas le cyclo, que je souhaite être, à devenir ! Jamais, je n'ai autant observé le thermomètre extérieur qui, d'ailleurs, me semble pessimiste. Les chiffres négatifs me laissent indécis. J'y vais ? j'y vais pas ? Pourtant une impétueuse envie de partir pédaler me taquine les neurones. Je ne peux plus attendre, c'est un besoin amplifié par le soleil qui éclaire enfin notre campagne du NordIsère.

Déguisé comme vous le savez, je tourne les pattes, attentif au geste. Mes séances d'endurance sont rentables : la FC est sage et la cadence folle ! Même pas froid. Une incroyable sérénité me remplit. J'emploie, même, inconsciemment la respiration inversée dans les petits dénivelés rencontrés. Tout mon corps profite pleinement de cette nouvelle luminosité réchauffante malgré le zéro pointé affiché sur mon cardio. Je me charge d'énergie toute positive. Je croise un cyclo aussi emmitouflé que je peux l'être. Nos saluts respectifs sont chaleureux. Faut dire que les vélos ne sont pas légion sur le goudron congelé.

La campagne revêtue de blanc est si belle. Les glaçons accrochés aux branches scintillent dans la lumière du soleil tout comme les étangs aux vagues verglacées. Le silence de l'hiver, absorbant les sons mécaniques et humains, permet de s'immerger pleinement dans ces paysages qui retrouvent, enfin, leur parure hivernale. Alors, je m'arrête pour me remplir les yeux et le coeur.

Évidemment, j'ai oublié l'appareil photo et mes barres de miam aussi. Alors, après deux heures passées sur Pégase, je décide de rentrer. Il est 15 heures, le soleil se cache derrière les collines. Le froid sort de sa tanière.

Dimanche 13h30 !

Le thermomètre a gelé ! Il fait si fret que le chat refuse d'aller dehors. C'est un signe. Vais-je mettre Pégase sur le home-trainer (mon mulet spécial home-trainer a mal au boîtier de pédalier, il est à l'hôpital). Tout comme son chevalier Jedi (eh oui ! Jedi en Américain et Jédaï en patois local), Pégase n'aime pas le cyclisme statisque. Je zieute le thermomètre. Surprise, il indique 6 degrés ! Ben ça alors, y a 5 minutes, faisait - 1 ! Je regarde par la fenêtre de la cuisine pour apercevoir le capteur. Et je comprends : Myriam a placé une poële brûlante juste à coté du dit capteur. J'en conclue que je dois partir de la maison pour aller m'entraîner... c'est un ordre ! y en a marre de me tourner en rond comme Chebakka en cage.

Une fois dehors, ce n'est que du bonheur. Même pas froid. Les papattes ronronnent super bien. Le compte-tour est tranquille. Le tachygraphe royal. Et la campagne toujours aussi magnifique. Mais cette fois, je l'ai ! Oui, il est avec moi. Non, pas Maître Yoda mais mon appareil-photo pas laser... 15h45, je retrouve ma maison. Je suis heureux !

Donc, ouvrez les zieux !

Paysage de NordIsère :
des champs de maïs, des arbres têtards, des labours d'hiver et la brûme habituelle...

Un premier petit étang tout proche d'Arandon

Un second étang proche de Mépieu, bien plus imposant !

Troisième étang surplombé par le village de Courtenay
(Où ça, Courtenay ? derrière vous, bien sûr !)



"Cheval broutant" (c'est son nom) sous Courtenay









Par Michel
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Jeudi 8 janvier 2009

Performant, performant !


Mon entraîneur personnel n'a que ce mot à la bouche... Ah oui, je ne vous avais pas dit que je bénéficiais d'un coach ! Eh oui ! Non seulement, il me concocte des séances d'entrainement mais il vient aussi avec moi. En fait, je l'ai toujours sur le dos. Ce sont des conseils perpétuels :


Fait pas si, fait pas ça,

Pas comme ça, pas comme ci,

Souffle : sss-sss-sss,

Inspire : ahhh-ahhh,

Genou, talon,

Cadence,

Fréquence,

Mange,

Bois,

Pédale et...

... Tais-toi !


Et je suis obligé de répondre oui, Maître ; non Maître ; Bien sûr Maître. Surprenant non ?


Il s'appelle Maître Yoda. Il est tout vert et si petit qu'il s'assied sur mon épaule pour me conseiller...


Eh, Eh !



Le froid contre-attaque !


Comme tous les matins de ces vacances hivernales, le réveil m'appelle à partir de 08 heures. C'est totalement inutile de se lever tôt pour aller pédaler. Dehors, fait vraiment fret comme aiment le dire nos cousins québécois de la Fédération. Alors, je ne pointe le nez à l'extérieur qu'à partir de 11 heures et roule jusqu'à 15h30 ou 17h00. C'est la température et le soleil qui commandent le retour vers la tanière. En effet, le froid combiné à un fort degré d'humidité amplifie l'impression de froid et j'en ai donc souffert musculairement et les orteils encore plus !


Ces vacances dernières auront été cyclistes :


756 kilomètres parcourus en 10 sorties avec un petit dénivelé (545 en moyenne) pour travailler l'endurance endurante soit 31 heures de vélo soit presque 30 barres de céréales (1 à l'heure) et 5 litres d'eau additionnée de produit goût menthe glacée.


Tout ça pour répondre à un besoin ultra : performant, être tu dois !

 


Performant !


Performance et défi personnel.


Si j'entreprends des défis personnels, c'est pour être encore plus performant. Et si j'apprends à être plus performant, je peux entreprendre de nouveaux défis. Dans cette conception de la performance, l'esprit de compétition n'a pas sa place, puisqu'il s'agit d'un défi personnel et je n'ai, alors, qu'un seul adversaire : moi ;  les cyclos voisins n'étant pas des concurrents mais des partenaires motivants.




Performant et compétition.


On devient performant en se mesurant aux autres... Mais que dans les cyclosportives, pas tous les jours, y en a qui se trompent toujours !

Cette confrontation permet à la fois de se montrer plus performant que ses congénères pédaleurs (ce qui donne un grand plaisir, Vive Moi) mais aussi de gagner en performance. Dans cette situation, le cyclo revêt sa tenue de vélociraptor et cherche à bouffer un max de cyclos ; c'est l'une des règles du jeu. C'est un exercice que j'aime peu mais auquel je devrai participer pour devenir davantage performant. Va falloir se faire violence et gagner en condition physique !



Condition et Aptitude physiques


Parfois, les cyclos s'inquiètent de leur valeur. Donc, ils se font mesurer et annoncent leurs capacités. Par exemple, un cyclo mesuré me dit Voyez-vous cher ami, malgré mon petit moteur, c'est-à-dire une faible Vo2 Max, je réussis de beaux exploits. Vite, je recherche le chiffre fatidique : ma Vo2Max. Et horreur ! Ce n'est pas un petit moteur que j'ai mais une trottinette !

En effet, pour connaître ma valeur, j'ai profité d'un test d'effort. Les résultats ne démontrent pas une aptitude particulière. Je suis dans la moyenne sauf que je n'ai guère progressé depuis la mesure précédente ! Tous ces kilomètres, toutes ces montagnes pour ça ! Résultat : Pas content, Pas Content, Pas Content !

Heureusement, les remarques de cyclos connus me rassurent. Parait que j'ai vachement progressé ! C'est vrai, mes sensations me démontrent des progrès. Donc restons humains, roulons aux sensations et oublions les statistiques.

Halte ! flagrant délit de contradiction : sur le vélo, je suis électroniquement équipé. Un compteurcardiocadenceuraltimètre, capable de retranscrire sur mon ordinateur portable de belles hachures rouge, bleue, verte et noire puis une série de chiffres. A l'aide de ma souris, je fabrique de belles courbes illustrant des moyennes, des maxi, des mini, des efforts... Bref, un tas de trucs amusant mais qui ne m'ont jamais réellement transformé en un super-vélociraptor.


Vélociraptor


Il m'arrive de me métamorphoser aussi en vélociraptor parfois idiot. Une proie devant et c'est parti. Une forte envie de rattraper ce cyclo-proie vient du plus profond de soi-même. Des restes de notre Soi primitif qui oublie toute stratégie. Il suffit d'accélérer. Mais qu'en est-il des aptitudes physiques de la proie ? Y-avons-nous pensé ? Ben non. Alors, deux cas : soit la proie est moins performante et c'est la gloire (Encore Vive Moi), soit elle l'est bien plus et c'est la raclée ! Bien fait pour Ma Gueule !




Tiens au passage, une anecdote : Challenge du Dauphiné en mai 2005 (un an après celui de l'hôpital). Le retour du 130 km est pénible : vent de face, les gorges de la Bourne  sans fin, le retour sur Lans en Vercors casse pattes. Tout proche de la flamme terminale, j'entends un vélo rigide arriver. Evidemment, (Vélociraptor) j'accélère et tire la bourre avec ce mec qui m'enrhume. Le speaker officiel donne de la voix dans son micro, les spectateurs hurlent, encouragent, applaudissent... Sympa tout ça, Vive Moi !  Le mec qui vient de me doubler est le vainqueur du 180 km !







 

 

 



PERFORMANT, ETRE TU DOIS !










Par Michel
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