Dimanche 10 mai 2009 7 10 /05 /Mai /2009 21:00



Cet article se veut anecdotique et il doit être abordé sur un ton cyclo humoristique... Toute correspondance avec des faits  réels ne serait que pure coïncidence...



♣ Pardon Monsieur le cycliste, je ne le ferai plus !


Après une petite semaine de repos suite à mes balades provençales, je partais en ce samedi après-midi pour un solo tranquille. Dès les premiers coups de pédales, je sentais une certaine facilité. Ah, tiens, aurai-je progressé ? La cadence est fluide, le coeur normal et la vitesse supérieure à ce que je connaissais. Alors, je profite de cet effet provençal pour avancer davantage en rythme et en puissance. Chose qui me fait défaut. Con !

Arrivé vers le hameau de Tirieu, je bifurque pour Arandon. Devant moi, les casaques rouges du club local. Je les enrhume poliment puisque je salue le tout. La seule fois où j'ai roulé avec eux, les deux leaders du groupe ont cherché à me tester après avoir cartonné verbalement les cyclistes longue distance. Aujourd'hui, ils restent sur place !

Je me donne bien, relançant régulièrement, grimpant les côtelettes (après la Provence, c'est plat ici) en puissance. C'est plaisant. Je traverse Mépieu (belle église) sans rencontrer le chien dingue et son maître si désagréable. J'arrive à Le Bayard et prend la direction de Montalieu. La, après une petite côte qui m'aime pas et que je dompte, c'est un long plat relatif jusqu'à l'usine des Ciments Vicat. Vitesse maxi calée sur une FC contrôlée. Après Vicat, je tourne à droite pour atteindre la Vallée Bleue, station balnéaire ratée en bord de Rhône.

Je traverse la N75 en direction de Porcieu et ensuite un ensemble de zigs et des zags, j'arrive à Parmilieu que je traverse avant d'arriver à Amblérieu. Je roule toujours dans le même état d'esprit : du rythme et la puissance. Depuis un bon moment, le vent s'est levé et corse mon exercice. Je longe le Rhône un moment mais il faut le savoir car on ne le voit pas de la route. A Hières sur Amby, j'hésite entre la montée de Torjonas et le Val d'Amby. Je choisis le Val d'Amby parce que je l'apprécie. C'est un beau vallon encaissé entre deux falaises boisées avec une petite rivière bruissante. En plus, la pente est régulière pour terminer par un très léger coup de cul.

Devant moi, un groupe de cyclistes à la casaque de Génas (un club lyonnais...). Ils montent lentement et moi, je cherche à monter rapidement tout en surveillant mon coeur. Je les enrhume poliment puisque je dis bonjour ! Mais, je dois maintenant, présenter à ces messieurs toutes mes excuses pour les avoir doublé de cette manière. Eh oui, cela n'a pas plu ! Aussi, le leader me part après et me rattrape sans pour autant me dépasser alors que je n'ai même pas accéléré. Faut dire qu'il a des excuses, il devait faire demi-tour pour aller chercher ses copains abandonnés. Dommage puisque la côte se poursuit et nous aurions pu mesurer nos capacités respectives.

Je vais, tout de même, rassurer ce monsieur :

Cher Monsieur le Cycliste de Genas,

Je reconnais que :
- vous êtes bien meilleur que moi, cyclo lent prétentieux
- votre vélo de marque est bien plus beau que le mien démarqué
- vos roues sont largement supérieures aux miennes
- votre tunique violette aux couleurs de votre CLUB est bien plus saillante que la mienne bon marché. Je vous assure : le violet vous amincit.
Je vous demande encore pardon de vous avoir humilié. Je ne savais pas qu'il était interdit de vous doubler ainsi. Je ne recommencerai plus ! Je ne vous énerverai plus jamais !

Arrivé au croisement suivant, je tourne à droite en direction d'Annoisin. Je consulte l'heure et constate ne pas avoir le temps d'allonger le circuit. Aussi, je fais demi-tour pour Optevoz. Je me rentre tout aussi rapidement.

Km parcourus : 69
Temps de pédalage : 2:35:35
Vitesse moyenne (allez, je vous le dis, c'est si rare pour moi) : 26,8
Dénivelé tout petit : 530 mètres (soyons honnête)


♣ Dimanche : Le Dauphin

Le Dauphin, nom surprenant pour une randonnée de club. Pas surprenant que ça puisque la petite région dans laquelle je vis s'appelle le Dauphiné.

Pause culturelle...
 
Cette province d'ancien Régime avait pour limite, au nord, le Rhône qui la séparait de la Bresse (Brêsse) et du Bugey (Bugê). À l'est, venaient la Savoie et le Piémont, et au sud le Comtat Venaissin et la Provence. La limite occidentale était marquée par le Rhône au sud de Lyon. Le Dauphiné s'étendait jusqu'aux faubourgs de Lyon. La Capitale du Dauphiné était Grenoble où siègeait le Parlement de la Province. On le divisait en Haut Dauphiné (alpes) et Bas Dauphiné ou Dauphiné du Midi (préalpes).

"On vante beaucoup le caractère du Dauphinois, avec sa profondeur, sa ténacité, sa finesse; plus calme que le provençal, au lieu de s'emporter, il réfléchit. Euh, pas les cyclistes !
On connaît d'ailleurs le dicton: Fin, rusé, courtois, le Dauphinois sent venir le vent et connaît la couleur de la brise." (Pour faire court : le Dauphinois est radin !)

Ah oui, j'oubliai, le blason du Dauphiné, c'est un Dauphin plutôt féroce ! Avez-vous pigé ?



Reprise sportive après l'intermède culturel :

Donc, le club de l'Isle d'Abeau intitule sa rando Le Dauphin. Généralement, les cyclos du Cyclo-Club IDA aiment concocter des parcours sympathiques mais plutôt casse-pattes. Je l'ai encore vérifié ce jour.





Je me lève à 05h30, histoire d'être opérationnel à 7h00. Comme d'hab, je traîne donc après mon inscription, je ne pars que vers 07h15. J'aperçois d'anciennes connaissances partir au moins 10 mn
avant moi. L'une d'elle est plutôt en concurrence, une vieille histoire, plus ou moins oubliée. C'est d'ailleurs idiot puisque ce cycliste est bien meilleur grimpeur. Nous nous sommes dit un mot à l'inscription. Il m'a demandé si je roulais beaucoup. J'ai dit oui. Moi aussi a-t-il répondu !
Je pars donc seul, un peu trop fort d'ailleurs. Je connais bien le chemin et ses difficultés. Encore une fois, je roule en rythme et en puissance. Encore une fois, le vent durcit l'effort.

Ah, tiens, on change de route. Et à partir de cette bifurcation, nous n'emprunterons qu'un ensemble de petites routes bien agréables qui nous conduit à Aoste. Je rattrape un Time rouge perdu avec qui nous partons vers Saint Genix sur Guiers, pays du célèbre gâteau aux pralines le Saint Genix. Le Time roule devant moi mais pas assez vite. Je le double, cela semble le surprendre. Arrivés à un rond point, je tombe sur le 34 en prévision de la pente suivante. L'homme en profite pour me dépasser tirant gros. Il accuse tout de même le coup. Je m'imagine ensuite que le parcours emprunte le Col de la Crusille. Ben, non. Nous prenons une petite route en direction de Saint Maurice de Rotherens. Je devine que nous allons grimper dur un bon moment. Le Time attaque avec vivacité le dénivelé tout de même impressionnant. Tiens encore un bon grimpeur...

Le dénivelé s'intensifie. Je double trois cyclos agonisants. Le Time avance mais moins vite. Je grimpe étonnement bien, je me surprend. Effet Provence ? Et voila que je double le Time sans difficulté aucune (moi sans difficulté, le Time est en train d'imploser). J'avance, j'avance d'un bon rythme. Mais mon rythme pas celui d'un avion de chasse, ni d'un airbus. Celui d'un vieux biplan poussif qui vient de se manger un Time !

Broummmm, Pshhhh....

Je poursuis ma route d'un rythme régulier. Je suis content de moi. Si vraiment. Enfin, j'atterris à Gerbaix au dessus de Novalaise. Je suis le panneau en forme de Dauphin qui m'indique la route montante pour Marcieu puis Verthemex. Je grimpe, je grimpe toujours en pleine autosatisfaction. Et puis, je tourne en direction du Col de l'Epine. L'avez-vous déjà escaldé de ce coté la ? Moi non. Eh bien, ça grimpe, c'est digne d'un mini Ventoux. Juste avant Vacheresse, j'entends la voix bien portante d'un ex-collègue de mon ex-club FFCT. Il descend. Il m'aperçois et s'écrit Tiens, vla le Père Michel. Ah, je connaissais la Mère Michèle qui avait perdu son chat ou le Père Noël... Bon, j'ai échappé au Pépère Michel ! Ouf !

Vacheresse (y a toujours un Vacheresse dans les montagnes). Je tourne à droite. Merde, un rallye automobile avec des voitures de Monsieur Tout le monde, ça craint vraiment ! Des malades qui s'y croient ! Je monte, je monte. Je suis fier parce que aucun vélo ne m'a doublé depuis le départ ! Moa content ! Une voiture s'arrête à ma hauteur. C'est le photographe du club. Tout en conduisant, il clique et me sert dans le bas coté. Je râle ! Excuses et encouragements. Le ravimiammiam est à 200 mètres ! Rephoto à mon arrivée, ça fait trois fois. Je lui fais une facture ! Normal non, me voila mannequin cycliste !

Et qui je retrouve au ravito ? Le mec en concurrence, dont j'ai causé plus haut, parti 10 mn avant moi. Eh eh ! Il semble surpris : Bien grimpé ? Réponse laconique : j'ai grimpé et me voila. Je vous fais grâce du reste de la conversation cycliste avec un mec à l'air pincé.
Arrive une autre connaissance aussi partie avant moi. Je ne comprends pas. Et de m'expliquer une erreur d'aiguillage et un col (Mont Tournier) grimpé deux fois. Tout JC craché ça. Il monte si vite qu'il ne voit jamais les signes cabalistiques sensés nous diriger (dans cette rando, des poissons. Non, pas un requin, un dauphin) !

Le retour s'effectuera avec cette seconde connaissance. Plutôt rapidement. JC est un excellent cycliste, un grimpeur incroyable. Nous filons sur Novalaise. Je reste prudent dans les descentes. Les autres non, à mon avis. Montée du Col de la Crusille. On dépasse un groupe de cyclos qui nous prennent la roue jusqu'à Saint Genix sur Guiers. L'un d'eux m'énerve grave. Il attend la dernière ligne droite et le stop pour doubler. Ensuite, si je fais mine de le dépasser, il accélère et se déplace à gauche. Allons bon encore un qui veut me faire comprendre sa supériorité. A-t-il entendu ma discussion au col avec un cycliste du club de l'Isle d'Abeau adepte de longues distances ? J'en ai marre de ce comportement à la con. Mon physique démontre t-il une incapacité cycliste dont il faut profiter ? Mon vélo attire t-il les jalousies ? Et l'autre qui continue son cirque, toujours provocant, la gueule fermée à la pro. Son vélo est d'une propreté maniaque. Il en est fier, ça se sent. Une nouvelle attaque en descente et il rate une flèche dauphin d'une taille de baleine. Bien fait pour sa gueule. JC, mon collègue l'interpelle et me propose de l'attendre. Niet, je profite des petites côtes casse-pattes pour m'en aller... Nous terminerons seuls et tranquilles. OUF, car le vélo, ça peut énerver  !

Km parcourus : 134
Dénivélé + : 2250 mètres
Temps passé à pédaler : 5:56
Moyenne : 22,7 km/h, Grrrrrr !




 

 

 

 

 


 
Par Michel - Publié dans : Anectodes et Short Stories
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